Mazagan : la station se développe mais la ville d’El Jadida ne suit pas…

Le promoteur se plaint du faible niveau des infrastructures publiques à  El Jadida et sa région. La deuxième phase du projet est mise en veilleuse momentanément.

Le développement de la deuxième phase de la station balnéaire est mis en veilleuse. Pour que le chantier soit ouvert, «il faut qu’il y ait adéquation entre l’offre Mazagan et celle de la région en plus d’un renforcement des dessertes aériennes régulières», explique une source à la station balnéaire. Elle affirme sans détours que «ce n’est que lorsqu’il y aura plus de visibilité sur ces deux points que la seconde phase pourra être envisagée».
Inaugurée en octobre 2009, la station a incontestablement permis à la région d’El Jadida d’avoir une fréquentation touristique plus importante et une clientèle haut de gamme qui lui permet d’asseoir sa notoriété à travers le monde. Mais les choses ne se passent pas toujours comme le promoteur l’aurait souhaité, car les infrastructures de base de la ville et de la région ne suivent pas. En effet, tout touriste qui vient séjourner à Mazagan est tenté de visiter la ville d’El Jadida et sa région, ce qui est tout à fait normal, et même souhaitable en raison des retombées économiques. Mais les responsables de la station ne cachent pas leur agacement, étant donné l’absence d’infrastructures adaptées à la clientèle : lieux publics mal entretenus, ville sale, artisanat de mauvaise qualité, impossibilité de trouver des guides dont le niveau de formation permette de satisfaire la curiosité des touristes, multiplication des cas d’arnaque chez les bazaristes et autres commerçants…
De plus, les moyens de transport sont dans un tel état de délabrement que la station est obligée d’organiser ses propres navettes, et même de nettoyer les artères de la ville quand elle reçoit des groupes importants pour qui la visite de la ville est incontournable.  

500 000 clients attendus en 2011

En somme, le promoteur de la station estime qu’en contrepartie de ses apports pour la ville et des impôts et taxes qu’il paye et qui s’élèvent «à plusieurs millions de dirhams», il est en droit d’exiger pour ses clients des infrastructures publiques de bon niveau.
Il est rappelé, en outre, que Mazagan a permis de créer 5 000 emplois lors de la construction. Aujourd’hui, ce sont 1 500 personnes qui y travaillent, dont 800 sont originaires de la région d’El Jadida, sans parler des 270 sous-traitants qui génèrent environ 2 000 emplois indirects. Seuls 59 étrangers travaillent dans la station, précise la même source. Elle rappelle par ailleurs que 12 MDH ont été investis dans la formation entre 2009 et 2010, ce qui a permis de former des profils pointus et spécialisés, y compris dans certains métiers qui étaient rares au Maroc. Notons que la station a accueilli 200 000 clients en 2010 et prévoit 500 000 pour 2011.
Nous avons cherché à recueillir l’avis du gouverneur de la province d’El Jadida, mais il était injoignable à l’heure où nous mettions sous presse.