Maserati a vendu 70 voitures en neuf mois d’activité

Pour le management, ce volume constitue un bel accueil du marché. Il table sur 100 ventes cette année. La marque compte percer avec l’introduction d’un SUV en 2016 et d’un petit coupé en 2017.

Une prouesse pour Maserati après environ 9 mois d’activité ! La marque au trident a réussi, en dépit d’un contexte pas très favorable, à réaliser 70 ventes sur
un objectif de 78 arrêté

au lendemain de son implantation. La Ghibli, la berline proposée à partir de 780 000 DH hors taxe de luxe, a participé significativement à cette performance. «Le début de notre activité a coïncidé avec l’entrée en vigueur de la taxe sur les voitures de luxe. Pourtant nous n’avons pas revu notre objectif à la baisse, et l’équipe a appréhendé l’année 2014 très sereinement», se félicite Othman Douiri, directeur général délégué de la Société de développement automobile, propriétaire de la carte au Maroc. Ce volume des ventes converge vers le niveau raisonnable pensé par l’importateur pour rémunérer les efforts d’investissement fournis pour une année de lancement, et constitue un bel accueil du marché sur lequel la marque devra capitaliser pour percer sur le segment du luxe. Selon le management de la SDA, pour ce faire, Maserati devra ouvrir de nouvelles niches en proposant de nouveaux produits et en étendant sa gamme tout en la faisant tendre vers le luxe «accessible» plutôt que vers le luxe de pointe, sur lequel le groupe Fiat est déjà présent à travers sa marque au cheval cabré. «Il s’agit d’un virage stratégique entamé par la marque à travers le monde depuis 2012. Le volume vendu par Maserati au monde, en l’occurrence 7 000 unités, s’est révélé insuffisant pour le développement de la marque. C’est ainsi que le groupe Fiat a mis tous les moyens nécessaires dans cet objectif. La maison italienne qui détient également Chrysler, Jeep et Ferrari, a un projet très ambitieux. Elle compte augmenter le volume de production et de diffusion tout en conservant l’état d’esprit de la marque Maserati».

Ainsi, la prestigieuse marque quasi artisanale devrait se transformer en constructeur haut de gamme de premier plan. En chiffres, il s’agit de passer à un volume de vente de 50 000 véhicules en 2015. A ce titre, la première Maserati abordable de l’histoire du constructeur au trident, la Ghibli, annoncée en 2012, constituera donc le principal cheval de bataille pour mener à bien cette aventure. En parallèle, Maserati compte investir le segment des SUV en 2016. «Surtout qu’il s’agit d’un segment qui affiche une progression des ventes à deux chiffres», souligne M. Douiri. De plus, en 2017, le trident sera arboré sur la calandre d’un coupé quatre places, répondant au nom d’Alfieri, fondateur de la marque.
Mais si les nouveautés ne manquent pas, le management de la marque remarque qu’il existe des clients potentiels qui n’essaient même pas d’entrer dans le showroom, étant à tort convaincus qu’il s’agit de voitures qui ne se prêtent pas à l’usage quotidien, sur un degré très poussé de luxe et avec des budgets de l’ordre de 2, voire 3 MDH. «Nous nous attelons à changer cette perception et cette forte connotation de luxe de la marque. Tout en restant dans l’esprit de Maserati, nos voitures devront être vendues comme il se doit, en étant perçues comme des véhicules accessibles, répondant à un besoin et utilisés au quotidien», précise M. Douiri.  
Hormis cet effort de communication à fournir par la marque pour conquérir cette frange de clients qui n’osent pas encore le Trident, l’équipe de Maserati compte également mettre l’accent sur l’expérience client pour qu’il puisse, d’une part, toucher, apprécier le contact physique, sentir et s’informer de la voiture auprès des experts, et, d’autre part, multiplier les test drive corporate pour avoir le plus de chance de faire des adeptes parmi les grands patrons pour des achats destinés à leurs cadres. Maserati veut commercialiser 100 unités pour l’année en cours.