Marrakech vole la vedette à  Casablanca

F’tours-débats, séminaires et autres banquets d’entreprises se font rares Marrakech draine de plus en plus la clientèle d’affaires étrangère.

Letourisme d’affaires vit des heures difficiles, mais tous les établissements ne sont pas logés à la même enseigne.
Si certains se plaignent du ralentissement de l’activité, d’autres affirment tirer leur épingle du jeu, rassurés qu’ils sont par les commandes des prochains mois.
A Casablanca, ville connue pour le tourisme d’affaires, les hôtels font grise mine. «On tourne avec un taux de remplissage de 40 à 45% alors qu’en général on se situe, à pareille époque, autour de 60%, mais la conjoncture est ainsi faite», affirme M. Mekouar à la direction commerciale du Royal Mansour de Casablanca. Pour amortir le choc, l’hôtel a préparé un package pour les vacances de l’Aid à l’attention de la clientèle qui vient des pays du Golfe. Il faut dire, regrette le responsable de cet établissement, que même les manifestations qu’il a coutume d’accueillir au mois de Ramadan sont cette année de moindre importance : moins de ftours- débats, moins de séminaires et de banquets d’entreprises, ces dernières invoquant systématiquement des problèmes de budget.

Les prémices de la reprise sont là
On entend à peu près le même son de cloche chez les responsables du Hyatt Regency, à Casablanca. Bouchra Baha, directrice commerciale adjointe, estime que la situation est plutôt calme. «A peu près au même niveau que l’année dernière qui n’est pas, comme chacun sait, une année de référence», dit-elle. Concrètement, l’établissement affiche un taux d’occupation de 50 %, voire moins. Ce qui est loin d’être un taux normal.
Alors, là aussi, on se replie sur des opérations ponctuelles et l’on met à contribution son réseau pour sauver les meubles, car le marché semble s’être restreint de lui-même. Ceci est d’autant plus inquiétant que les hôtels casablancais qui accueillent une clientèle d’affaires se comptent sur les doigts d’une main.
Encore plus inquiétant pour les hôteliers de la capitale économique, il devient difficile de garder ses parts de marché, notamment pour ce qui est de l’offre destinée aux entreprises. Sur ce créneau précisément, une ville comme Marrakech attire de plus en plus la clientèle, en offrant «un cadre de toute évidence plus agréable aux séminaristes», affirme un responsable du Palmeraie Golf Palace.
Ce dernier établissement dispose de pas moins de seize salles de conférences qu’il faut bien rentabiliser en prêtant attention à ce pan du tourisme intérieur.
Du reste, dans cette ville, les professionnels sont moins enclins au pessimisme ambiant, et nombre d’entre eux croient déceler, en cette période traditionnellement creuse, les prémices d’une reprise du tourisme d’affaires dans les prochains mois. Les commandes reprennent et la confiance avec, explique Mme Fassi Fihri, qui dirige une agence spécialisée dans l’incentive et le tourisme d’affaires.
Même si, aujourd’hui, les grands palaces tournent avec un taux de remplissage nettement inférieur à 30 %, les cahiers de réservations incitent à l’optimisme.
Les professionnels marrakchis espèrent secrètement récupérer une partie de la clientèle turque ou égyptienne sur ce créneau. C’est important, car ils admettent tous que la marge bénéficiaire dans le tourisme d’affaires et l’incentive est beaucoup plus importante que dans le tourisme de masse