Marrakech Grand Prix : 40 MDH de pertes lors des deux précédentes éditions

Le promoteur affirme avoir jeté l’éponge, faute de sponsors. Au moins 2 000 clients potentiels perdus par les hôtels de la ville. Le Maroc se prive d’une plateforme de communication internationale.

«Marrakech Grand Prix», le rallye automobile international a fait long feu. Après deux éditions, en 2009 et 2010, la Fédération internationale Automobile (FIA) a annulé l’édition de cette année qui devait se dérouler en juin prochain, «faute de soutien local pour l’épreuve», peut-on lire dans le communiqué publié par Aly Horma, président de MGP. Dans la foulée, le Conseil mondial de la FIA qui devait se tenir à Marrakech en marge de l’événement se trouve du même coup annulé. Au moins 2 000 personnes étaient attendues pour cet événement qui regroupe le gotha de la formule 1 et des constructeurs automobiles. Un coup dur pour l’organisateur et pour toute la ville. Durant la semaine où a eu lieu l’événement en 2010, le taux d’occupation des hôtels a été presque de 100%. L’ONCF a enregistré 40 000 arrivées par voie ferroviaire, soit 27% de plus qu’en 2009 et celles de l’aéroport de Marrakech ont atteint 67 695, en progression de 31%. Par ailleurs, le péage de l’autoroute de Marrakech a vu défiler 61 000 véhicules, soit trois fois plus que la semaine d’avant. Enfin, les dépenses additionnelles directes sont estimées à 22 millions d’euros (242 MDH) durant le déroulement de l’événement.

L’organisateur a attendu en vain le soutien des pouvoirs publics

Aly Horma ajoute que l’annulation de cette manifestation, dont Eurosport détient les droits de diffusion et qui est transmise dans 75 pays, prive le Maroc d’une plateforme de communication de choix. On le sent déçu, mais pas abattu, car il aura tenté le coup, avec son associé, la société Menara, une entreprise de BTP, de faire quelque chose pour son pays. «Nous avons travaillé trois ans avant de lancer la première édition de 2009 ; nous avons aménagé nous-mêmes le circuit en investissant environ 160 MDH, dont une partie en fonds propres et le reste par endettement bancaire, et nous  avons cumulé 40 MDH de pertes pour les deux éditions», confie M. Horma. On ne pouvait pas aller plus loin sans le soutien effectif de sponsors nationaux qui, il faut le dire,  à une ou deux exceptions près, ont fait défaut, résume-t-il. M. Horma reconnaît que le GPM a reçu l’aide de la Ville de Marrakech et de quelques petits sponsors, mais il aurait voulu que les autorités au niveau national prennent la relève pour le pérenniser, car, après tout, souligne-t-il, «l’organisation d’une telle compétition ne coûte pas plus de 10 millions de dollars (80 MDH), une somme qui n’est pas astronomique étant donné les retombées directes des deux éditions et surtout la perspective du Maroc d’accueillir un jour la compétition de formule 1» .