Maroc – Tourisme : en dépit de l’insuffisance en capacités hôtelières, Rabat tire son épingle du jeu

Le taux d’occupation du premier trimestre est supérieur à  la moyenne nationale.
Les arrivées augmentent, mais la durée de séjour est encore très basse.
La ville veut être reconnue comme une destination culturelle et balnéaire.

Rabat est-elle une ville touristique ? Sans aucun doute, estime Nadia Benslimane, directrice du Conseil régional du tourisme (CRT), qui considère que le potentiel touristique de la capitale administrative est aussi important que celui des autres destinations. Si l’on juge par le taux de fréquentation des établissements d’hébergement classés des derniers mois, l’activité se porte bien et, surtout, le potentiel de croissance est intéressant. Le taux d’occupation moyen pour les 3 premiers mois de l’année 2010 se situe à 55%, ce qui est largement au-dessus de la moyenne nationale (45%), équivalent à celui d’Agadir, et supérieur à celui de Fès et Marrakech. Mais on ne peut pas juger une performance par le seul taux d’occupation même s’il montre, par ailleurs, que la ville a fortement besoin d’une capacité additionnelle en lits. Actuellement, elle dispose en tout et pour tout de 5 600 lits et le doublement n’a pas eu lieu comme prévu en 2010, en raison de retards pris par certains projets, notamment ceux du Bouregreg et de Saphira.

La promotion fait défaut

Il faut rappeler, au grand regret de la directrice du CRT, que Rabat n’a jamais eu une place importante dans la stratégie de développement du tourisme national et que «son CRT qui ne reçoit pas un centime pour son budget de fonctionnement, précise-t-elle, risque de mettre la clé sous le  paillasson». Malgré tout, les visiteurs continuent d’arriver. Durant le premier trimestre, 70 000 touristes ont séjourné dans la capitale, dont 47 000 non résidents. Cette clientèle est en hausse de 14% contre 8% pour le total.
Comme partout ailleurs, ce sont les Français qui fréquentent le plus  Rabat. Ils étaient 11 524 durant ce premier trimestre. Les autres, notamment les Espagnols, les Italiens, les Américains et les Allemands, sont autour de 3 000 par nationalité. Les nuitées ont aussi progressé de 11% par rapport à la même période de 2009, à 147 771, dont 103 700 de non-résidents.
La particularité de Rabat réside dans la durée de séjour moyenne qui est encore très basse, malgré une hausse régulière : elle est de 2 jours contre 1,9 en 2009 et 1,8 en 2008. Normal, explique Nadia Benslimane, la ville ne fait pas de promotion, ne participe pas aux salons, bref, ses atouts demeurent inconnus. Rabat, dit-elle, est une destination à la fois culturelle et balnéaire et sa médina est mieux entretenue que celles des autres villes.