Maroc : Pommes de terre à  7 DH, carottes à  8 DHÂ…, les légumes hors de prix

Seule la tomate est épargnée par la spirale inflationniste.
Le marché est sous-approvisionné, en raison des dommages causés par les inondations dans le Gharb.

C’est du jamais vu ! Les prix des légumes continuent de monter alors que les niveaux atteints il y a 3 ou 4 semaines étaient déjà jugés trop élevés. Depuis, l’accalmie attendue n’a pas été au rendez-vous. Au marché de gros de Casablanca, la carotte est vendue entre 5 et 6 DH le kg, tout comme les oignons et les poivrons. Les pommes de terre, les plus consommées par les ménages, coûtent entre 4,50 et 6 DH le kg. Le kilo de navet se négocie entre 3,50 et 4 DH, le chou-fleur est à 3 DH le kilo, et les rares courgettes qui se trouvent au marché sont vendues à 7 DH le kg. Quant à l’artichaut, même à 8 DH le kg, ils sont introuvables pour ceux qui arrivent au marché après huit heures du matin. Seules les tomates, contrairement aux autres années, ne dépassent pas les 2 DH le kg.
Mais compte tenu des marges des détaillants, les consommateurs payent beaucoup plus cher tous les produits. Il faut dire qu’il n’y a pas un seul marché ou un seul souk où ils ne se plaignent de l’envolée des prix des légumes. Sur le marché du détail, il faut ajouter 1,50 DH pour la pomme de terre et 2 à 3 DH pour les autres légumes. Résultat, hormis la tomate, quasiment tous les légumes se négocient à 7 DH le kilo au minimum.

Petits pois et fèves pour se consoler
Que s’est-il passé ? Bouchaib Saidi, maître de corporation du marché de gros de Casablanca, explique : «Il est vrai que l’on ne s’attendait pas à ce que la hausse perdure du moment que c’est la même situation qui prévaut toutes les années au mois de février. Mais, là, la situation ne semble pas près de s’améliorer avant au moins trois ou quatre semaines. Il se trouve qu’après que le ciel se soit dégagé, les agriculteurs ont découvert que la majorité de leurs récoltes a été endommagée. Du coup, le marché est sous-approvisionné et les prix flambent. Aujourd’hui, les légumes sont chers bien avant d’arriver au marché de gros ».
C’est surtout la situation du Gharb où les pluies ont fortement endommagé les cultures (blé, fourrage et surtout légumes) qui a perturbé le marché. Lorsque l’on sait que la plaine du Gharb est, avec le Souss, un marché d’approvisionnement majeur, on comprend donc cette brusque effervescence des prix. Selon Haj Abdallah Slimani, commerçant au même marché de gros, le prix de la pomme de terre en particulier ne devrait pas baisser dans les jours qui viennent ou alors que très peu. « Avec les gros arrivages des petits pois et des fèves, les gens peuvent se passer des pommes de terre pour un moment», ironise-t-il.