Maroc : les nouveaux segments, leviers de croissance du marché de l’immobilier

Le segment du logement social, du secteur immobilier en général, devrait afficher de fermes signes de croissance au cours des prochaines années.

Au cours des deux premiers trimestres de 2011, les prix de l’immobilier ont fortement progressé en glissement annuel et plusieurs importants projets immobiliers devraient confirmer la tendance d’ici la fin de l’année prochaine, alors que le logement social continue de susciter une forte demande. Selon l’indice des biens immobiliers de Bank Al-Maghrib qui repose sur les données de l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC), les prix de vente au Maroc ont progressé au cours des deux premiers trimestres de 2011 de 5 et de 1,9% par rapport à l’exercice précédent. Toutefois, durant le deuxième trimestre de 2011, ils ont reculé de 1,6% par rapport à ceux des trois premiers mois de l’année.

Les prix enregistrés au cours du deuxième trimestre ont progressé en glissement annuel dans l’ensemble des principales villes, à l’exception de Fès et de Tanger. Kénitra a connu la plus forte augmentation (23%). Casablanca a, sans surprise, concentré la majorité des ventes (34%), suivie de Marrakech (24%) et de Meknès (12%). 

La hausse enregistrée au deuxième trimestre a été stimulée par le segment résidentiel qui a représenté près de 66% des ventes. L’immobilier résidentiel a progressé de 3,8% au cours du deuxième trimestre de 2010, porté par une augmentation de 5,4% des prix des appartements. Les ventes d’appartements ont représenté la majeure partie des ventes résidentielles et 60% des ventes immobilières, et ce, malgré une chute du volume des ventes de 25% en glissement annuel.

Une étude du marché de l’immobilier à long terme permet de dégager une tendance haussière dans la quasi-totalité des principales zones urbaines, depuis la première publication de l’indice des biens immobiliers de Bank Al-Maghrib en 2006. Oujda a connu la plus forte hausse (+22% par rapport en 2006), suivie de Meknès (+16%) et de Rabat (+14%). A Casablanca et Marrakech, les prix de l’immobilier ont augmenté respectivement de 4 et 3%.

En outre, plusieurs projets de développement immobilier de grande envergure sont en voie d’achèvement. Par exemple, le 15 septembre dernier, les promoteurs du projet Bab Al Bahr d’une valeur de 563 millions d’euros et d’une superficie de 75 hectares réalisé dans la vallée du Bouregreg, à proximité de la capitale, ont annoncé que les unités résidentielles dans la marina du Bouregreg seraient livrées au cours du premier trimestre de 2012. Ils ont également précisé que la livraison des unités situées à la Cité des arts était prévue, quant à elle, pour le mois de juin. 

Les 306 premières unités du projet Cap Tingis, mené par le groupe marocain Holmarcom, seront également prêtes à être livrées aux clients en juin. Situé à l’ouest de Tanger, au Cap Malabata, ce complexe de 2 milliards de dirhams (179 millions d’euros) s’étend sur un terrain de 60 hectares. A Tanger même, un représentant du groupe espagnol Inveravante, initiateur  du projet de Tanger City Centre qui se compose de bureaux, d’appartements, d’hôtels et d’un centre commercial de 30 000 m2 a déclaré que les premières livraisons auraient lieu en décembre 2012.

Le groupe ibérique réalise aussi un projet similaire à Casablanca. Situé dans le quartier Anfa, le projet AnfaPlace se composera d’un centre commercial de 36 000 m2.
Le très attendu Morocco Mall d’un montant de 2 milliards de DH (179 millions d’euros) devrait, quant à lui, ouvrir ses portes en décembre prochain. D’une superficie de 200 000 m2, il sera le plus vaste centre commercial d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, et figurera parmi les 20 plus grands centres commerciaux du monde.
Le segment des logements sociaux continue également de figurer parmi les principaux leviers de croissance du marché de l’immobilier. D’après les médias locaux, les ventes d’appartements ont rapporté jusqu’à 30% de bénéfices aux promoteurs spécialisés dans le logement social ou à bas prix, et ce, en grande partie, grâce aux avantages fiscaux (exonération de l’impôt sur les gains en capital et des droits de succession) visant à stimuler le secteur.

Au cours des 18 derniers mois, les promoteurs immobiliers ont manifesté un intérêt à l’égard du logement social et se sont engagés à construire 810 00 unités. En outre, des contrats pour la vente de 736 000 unités ont déjà été signés. Le gouvernement, quant à lui, souhaite multiplier les solutions de logement à bas prix pour la population, ainsi que soutenir les progrès accomplis dans le cadre du programme «Villes sans bidonvilles». Par conséquent, le segment du logement social, du secteur immobilier en général, devrait afficher de fermes signes de croissance au cours des prochaines années.