Maroc : Des villes nouvelles pour rééquilibrer le développement urbain

La politique de création des villes nouvelles a porté ses fruits depuis son lancement à  l’initiative de S.M. MohammedVI en 2004, en contribuant à  réduire la pression sur les grandes villes. Même si le bà¢t blesse en matière de réalisation des équipements publics, le tir est en voie d’être rectifié grà¢ce à  des plans de relance. Les futurs projets profitent de ces premières expériences pour partir sur de bonnes bases.

écidément, 2004 aura été l’année de la politique de l’habitat au Maroc. De même qu’elle a vu le lancement, sous l’impulsion du Souverain, de la politique de création des villes nouvelles. Le Maroc compte chaque année près de 500 000 nouveaux citadins qui dopent progressivement un taux d’urbanisation atteignant déjà plus de 60% actuellement. A ce rythme, près de 25 millions d’habitants résideront en zone urbaine en 2030. Une démarche se doit donc d’être mise en place pour organiser et anticiper la croissance urbaine prévisionnelle en permettant le développement de grands équipements, une offre en logements aux coûts adaptés, une réponse en matière d’emploi, d’infrastructure, de services… C’est le propos du programme impulsé par le Souverain en 2004 portant sur un ambitieux plan de création de villes nouvelles à l’horizon 2020. Sur quinze sites potentiels, onze ont été identifiés, à quelques dizaines de kilomètres des grandes agglomérations. Dans un premier temps, 4 villes nouvelles, toutes développées par le holding public Al Omrane, ont été mises sur les rails, nécessitant l’ouverture de 5 000 ha à l’urbanisation pour accueillir 1,15 million d’habitants pour un coût d’investissement  estimé à 100 milliards de dirhams.
La première ville à être lancée, le 21 décembre 2004, est Tamansourt dans la périphérie de Marrakech. A ce jour, la première tranche du nouveau noyau portant sur une superficie de 1 200 ha, est quasiment aménagée à 100%, tandis que les études pour la surface restante ont été lancées. Cela a permis le développement de 21 300 logements dont 4 600 n’ont pas encore été achevés. Aussi, 53 000 habitants se sont installés au niveau de Tamansourt et 10 000 autres s’ajouteront en 2014.

Vient ensuite Tamesna, satellite de Rabat, dont les travaux ont été lancés le 13 mars 2007. Jusqu’à présent, la ville nouvelle a été complètement aménagée et l’on y compte 10 000 unités de logements entre les habitats achevés et ceux en cours de réalisation et d’autorisation, ce qui a permis l’établissement de 35 000 habitants au niveau de Tamesna. Le 30 novembre 2007, ont été lancés les travaux de construction de
60 000 logements de la ville nouvelle de Lakhyayta près de Casablanca qui doit s’étaler à terme sur une superficie de 1 231 ha devant accueillir une population de 300 000 habitants pour un coût global de près de 35 milliards de DH. A ce jour, 635 ha de la ville nouvelle ont été aménagés. Le tout a mobilisé jusqu’à présent une enveloppe de 503 MDH. Aussi, un total de 6 000 logements est en cours de réalisation.
Le développement des premières villes nouvelles va donc bon train, cependant, il est à relever une faiblesse de réalisation des équipements publics au niveau de tous ces centres, ce qui en réduit l’attractivité. Cela est dû, selon les observateurs, au manque de convergence entre les départements publics ayant la charge du développement de ces infrastructures. Le discours de S.M. Mohammed VI adressé à la Nation, en mai 2005, avait pourtant averti de cet écueil, précisant que «le développement efficace et durable ne peut se concrétiser que par le biais de politiques publiques intégrées, s’inscrivant dans le cadre d’une entreprise cohérente, d’un projet global et d’une forte mobilisation tous azimuts, où les dimensions politique, sociale, économique, éducationnelle, culturelle et écologique, se conjuguent et se complètent». C’est conformément à ces directives que les pouvoirs publics s’attellent à présent à rectifier le tir au moyen de plans de relance de Tamesna et Tamansourt, concertés entre plusieurs départements publics pour résorber le déficit équipements publics au niveau de ces pôles.
Parallèlement, de nouvelles villes nouvelles ont été lancées profitant du retour d’expérience des premiers projets. Ainsi la ville nouvelle de Zenata entre Casablanca et Mohammédia dont la première tranche a été inaugurée le 28 janvier 2013 par le Souverain a été initiée par tous les départements publics pour la bonne réalisation des infrastructures publiques. Dès les toutes premières phases d’aménagement du futur pôle urbain de
1 830 hectares, des conventions ont été signées par la Société d’aménagement de Zenata, filiale de CDG, en charge du développement du futur pôle, et des ministères pour la création des pôles santé et éducation. Le tout devrait être livré à l’horizon 2030 et devrait abriter une population de 300 000 habitants à terme. Deux autres projets de villes nouvelles chapeautés par l’OCP sont sur d’aussi
bonnes bases.

Le premier est la Ville Verte Mohammed VI lancée par le Souverain en 2009, à Benguérir. Edifiée sur 1000 ha, celle-ci est conçue d’abord comme une ville universitaire. D’autres éléments s’adosseront progressivement au projet dont un programme résidentiel, divers équipements commerciaux, de services, de loisirs et d’animation. Le développement de cette ville nouvelle devrait s’étaler sur 25 ans, permettant d’accueillir à terme plus de 100 000 habitants. Vient ensuite le pôle urbain de Mazagan (Puma) situé entre Azemmour et El Jadida. Ce futur centre de 1 300 ha sera doté d’équipements touristiques, culturels et d’habitats ainsi que d’une zone d’innovation et de recherche. Puma permettra d’accueillir 130 000 habitants à l’horizon 2030 avec un développement sur trois tranches qui mobilisera 5 milliards de DH.