Maroc-Chine : Avec la mise en œuvre de la BRI, une nouvelle étape commence

Le Maroc aura accès plus facilement aux financements chinois pour la réalisation de projets d’envergure ou pour la facilitation des échanges commerciaux, l’établissement de joint-ventures dans différents domaines. Sont concernés notamment les parcs industriels, les nouvelles technologies et les énergies, y compris les énergies renouvelables. Le Maroc est l’un des premiers pays africains à avoir rejoint la BRI en 2017.

Le Maroc et la Chine viennent de signer, mercredi, le Plan de la mise en œuvre conjointe de «l’Initiative la Ceinture et la Route». Il s’agit, selon le ministre des affaires étrangères Nasser Bourita, d’un outil complet pour le renforcement du partenariat bilatéral entre les deux pays.

Ce plan met en place un cadre bien pensé, avec des principes clairs et des mécanismes solides, de même qu’il fournit un outil complet pour la gestion stratégique et le déploiement concret d’un partenariat global allant du dialogue politique à une coopération sectorielle transversale, a souligné M. Bourita dans une allocution lors de la cérémonie de signature de la convention relative au plan, organisée par visioconférence.

Cette coopération, appelée à passer à un niveau supérieur d’engagement structuré, porte notamment sur les infrastructures, le commerce, les investissements, l’industrie, l’éducation, les sciences et technologies, le développement vert et la santé. Cette cérémonie de signature du plan de mise en œuvre de la BRI est donc une opportunité de montrer la place de la Chine dans les priorités diplomatiques du Royaume.

Ainsi, le Maroc et la Chine sont entrés dans une nouvelle ère de leurs relations bilatérales. L’amitié entre les deux pays est d’ailleurs ancrée dans une longue et riche histoire d’échanges entre les peuples, de même qu’elle s’appuie sur des relations diplomatiques de longue date, qui remontent à 1958 et ne cessent de se renforcer depuis.

Au fil des années, les deux pays ont construit la confiance, tout en s’appuyant sur le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la solidarité active. La visite historique de S.M. Mohammed VI en mai 2016 à Pékin a constitué un moment fondateur et a conduit à la signature de la Déclaration conjointe sur l’établissement du partenariat stratégique, par S.M. le Roi et le Président chinois. Ce document a donné un élan sans précédent à l’amitié Maroc-Chine, à travers des résultats tangibles, a d’ailleurs rappelé le ministre.

En effet, et à titre d’exemple, il a été enregistré une croissance solide de 50% des échanges au cours des cinq dernières années (de 4 milliards de dollars en 2016 à 6 milliards de dollars en 2021) et une augmentation substantielle des investissements chinois, avec plus de 80 projets en cours dans tout le Royaume, dont le mégaprojet de la Cité
Mohammed VI Tanger Tech -initié en avril 2019 à Pékin, en marge du forum «Belt and Road».

Le ministre a aussi mis en évidence la progression multipliée par 20 du secteur du tourisme, suite à la décision royale d’exempter les citoyens chinois de l’obligation de visa (juin 2016) : 200 000 visiteurs chinois en 2018 contre 10 000 seulement en 2015. Il a également rappelé qu’en novembre 2017 le Maroc a signé le mémorandum d’entente sur le «Belt and Road», et est devenu le premier pays du Maghreb -et l’un des tout premiers en Afrique- à rejoindre l’initiative.

Sur un autre registre, le ministre a souligné, dans son intervention, que loin d’être entravé par la pandémie, le partenariat stratégique scellé dès 2016 par S.M. le Roi et le Président chinois s’est avéré résilient, faisant observer que les défis sans précédent posés par la pandémie ont donné un nouvel élan à ce partenariat et démontré que la solidarité et la cohérence sont des composantes structurelles et durables de la relation entre les deux pays.

Le Maroc apprécie grandement la réactivité et la volonté des autorités chinoises de répondre aux besoins du Royaume en matière d’achat d’équipements médicaux et de protection.

D’autre part, le Royaume s’est engagé, en tant que partenaire pionnier de la Chine, dans les essais cliniques du vaccin anti-Covid, et a choisi de manière anticipative de s’appuyer largement sur le vaccin développé en Chine, dans le cadre de la gestion royale proactive de la pandémie.

Fort de ce succès constant, notre pays a franchi une nouvelle étape en créant une unité industrielle pour la fabrication au Maroc du vaccin anti-covid-19, qui bénéficie d’un partenariat pionnier avec l’entreprise publique chinoise SINOPHARM. «Cette unité contribuera à l’autosuffisance et à la souveraineté sanitaires du Royaume, tout en consolidant celle du continent africain et c’est là un autre aspect du partenariat entre le Maroc et la Chine», a expliqué le ministre.

Par ailleurs, M. Bourita a indiqué que le partenariat entre le Maroc et la Chine tire également sa force de l’ouverture sur l’Afrique, notant que la convention signée prévoit explicitement une coopération triangulaire au bénéfice du continent.

Par delà, le Maroc et la Chine s’emploieront à lancer et à mettre en œuvre conjointement des projets de coopération tripartite, visant à promouvoir le développement durable en Afrique. Le Royaume jouera, à ce titre, un rôle clé dans l’extension des bénéfices de la coopération vers les pays africains frères, pour lesquels le Maroc maintient un engagement fort, rappelant que cet engagement a été clairement exprimé par S.M. le Roi lors du Sommet du Forum Chine-Afrique de 2015.

Le ministre a, en outre, souligné que l’initiative «la Ceinture et la Route» ouvre de nouvelles perspectives en matière de commerce et d’investissements, et apporte des opportunités supplémentaires conformes au Nouveau modèle de développement du Royaume.

Cette initiative bénéficiera également de l’apport dynamique du Maroc, à la faveur de sa stabilité politique, de son positionnement stratégique, de son ouverture économique, de son potentiel sectoriel et de sa connectivité.

C’est sans doute que cette initiative permettra de réaliser l’ambition commune du Maroc et de la Chine pour le développement de l’Afrique, créant ainsi une coopération Sud-Sud triplement gagnante. Le Maroc, qui s’impose comme un pays africain, de la région MENA et méditerranéen clé dans la mise en œuvre de «la Ceinture et la Route», est un partenaire aussi désireux que la Chine de faire de l’initiative «Belt and Road» une réussite de la coopération Sud-Sud.

Signée par M. Bourita et le vice-président de la Commission nationale chinoise de la réforme et du développement (NDRC), Ning Jizhe, la convention relative au «Plan de la mise en œuvre conjointe de la Ceinture et de la Route» vise à favoriser l’accès aux financements chinois prévus par l’initiative la Ceinture et la Route (Belt and Road Initiative –BRI) pour la réalisation de projets d’envergure au Maroc ou pour la facilitation des échanges commerciaux, l’établissement de joint-ventures dans différents domaines, notamment les parcs industriels, les énergies, y compris les énergies renouvelables.

Une année dans les relations entre les deux pays

C’est en temps de crise qu’apparaît la force de l’amitié et il ne fait aucun doute que la crise sanitaire qui a frappé de plein fouet l’ensemble de la planète a bien démontré la profondeur des liens d’amitié et de coopération entre le Maroc et la Chine, lesquels liens sont un modèle de solidarité et de coopération en temps de pandémie. En effet, la coopération entre le Maroc, leader en Afrique, et la Chine, géant asiatique, a été consolidée en temps de pandémie, et elle ne s’est pas limitée à la fourniture de vaccins et à l’échange d’expériences dans le domaine de la santé, mais bien au delà. Les deux pays se sont engagés dans un projet ambitieux de fabrication de vaccins contre la Covid-19. Une démarche qui témoigne, si besoin est, du niveau distingué des relations bilatérales et renforce le dynamisme du partenariat stratégique entre les deux pays qui apportera à coup sûr ses bienfaits aux différents pays du continent africain.

Dans ce cadre, S.M. Mohammed VI avait présidé, en juillet dernier au Palais Royal de Fès, la cérémonie de lancement et de signature de conventions relatives au projet de fabrication et de mise en seringue au Maroc du vaccin anti-Covid et autres vaccins.

Ce projet a pour objet la production au Maroc du vaccin anti-Covid, ainsi que d’autres vaccins clés, de manière à promouvoir l’autosuffisance du Royaume et de faire du Maroc une plateforme de biotechnologie de premier plan à l’échelle du continent africain et du monde dans le domaine de l’industrie du «fill & finish».

Fruit d’un partenariat public-privé, le projet vise à démarrer à court terme avec une capacité de production de 5 millions de doses de vaccin anti-Covid par mois, avant de démultiplier progressivement cette capacité à moyen terme. Il mobilisera un investissement global de l’ordre de 500 millions de dollars.

De même, le Maroc a enregistré une forte présence à la 8e conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) tenue à Diamniadio, près de Dakar, en novembre dernier.

Côté business, les acteurs économiques des deux pays ont tenu à renforcer la coopération à travers plusieurs initiatives, et ce en dépit des défis imposés par la pandémie.

Dans ce sens, il a été procédé à l’organisation du Forum d’affaires Maroc-Chine (Morocco-China Business Council Forum) en juin dernier à Agadir, en présence d’une pléiade d’acteurs économiques.

Initié par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), en partenariat avec le Conseil de la promotion du commerce Extérieur de Chine (CCPIT) ce Forum, tenu en mode hybride, avait pour but de présenter aux opérateurs économiques chinois les opportunités de commerce et d’investissement au Maroc, et à Souss Massa en particulier.

S’agissant du partenariat entre le Maroc et la Chine dans le cadre du projet pionnier de la Cité Mohammed VI Tanger Tech, une délégation de CCCC/CRBC présidée par Peng Xiaojun, vice-président de CRBC et président de China Holding Company, a effectué en avril dernier une visite au Maroc. La délégation chinoise a été reçue par le président de Bank Of Africa (BOA), Othman Benjelloun, qui a réitéré l’importance stratégique du Projet de la Cité Mohammed VI Tanger Tech, laquelle illustre l’excellence des relations sino-marocaines, tout en mettant les jalons d’une cité industrielle moderne, futuriste, écologique, connectée aux technologies nouvelles et symbole d’une Afrique ouverte sur le monde entier.

Au volet du renforcement des relations bilatérales, une convention de partenariat a été signée le 6 décembre à Casablanca entre le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche Scientifique et de l’Innovation et Huawei Maroc.Cette convention entend asseoir les jalons d’un partenariat innovant dans les domaines technologiques et numériques, en vue de faciliter l’accès des étudiants au marché du travail.

L’année qui vient de s’achever a également été marquée par la tenue, en juin dernier en visioconférence, du 3e Forum sino-marocain des villes historiques et culturelles avec la participation de responsables, d’élus locaux et d’acteurs civils et économiques des deux pays, représentant la ville de Casablanca et les villes chinoises de Chengdu, Pengzhou et Meishan situées dans la province du Sichuan au sud-ouest du pays asiatique.

Maroc-Chine : Un modèle de coopération sino-africaine sur fond de principe win-win

La signature, mercredi, du «Plan de mise en œuvre pour la construction conjointe de l’initiative de la Ceinture et la Route» entre le Royaume du Maroc et la République Populaire de Chine témoigne du dynamisme des relations sino-marocaines, érigées en un modèle de coopération sino-arabe et sino-africaine mutuellement bénéfique.

Lancée en 2013 par le Président chinois Xi Jinping, sous le nom de «One Belt, One Road», l’initiative «la Ceinture et la Route» a pour ambition de promouvoir de nouvelles opportunités de coopération entre la Chine et les 140 pays y ayant adhéré.

Le Maroc a été le premier pays au Maghreb et parmi les premiers en Afrique à adhérer à cette initiative à travers notamment la signature, en 2017, d’un mémorandum d’entente permettant au Royaume d’établir plusieurs partenariats dans des secteurs prometteurs, tels que l’infrastructure, les industries avancées et la technologie.

Fondée sur le dialogue, le partenariat et les échanges commerciaux et humains, l’initiative «la Ceinture et la Route» a permis de renforcer la coopération en matière d’infrastructures avec la Chine et a fait du Maroc une destination privilégiée des investissements chinois en Afrique.

Conscientes de sa position géostratégique, les autorités chinoises ont décidé de conférer un statut de «pays pivot» au Maroc dans le cadre de l’initiative «la Ceinture et la Route» qui est à la fois un ensemble de liaisons maritimes et de voies ferroviaires entre la Chine et les pays adhérents.

Il faut souligner que la visite royale en Chine en 2016 a été marquée par la signature d’une déclaration conjointe relative au partenariat stratégique, ainsi que de 32 accords et un mémorandum d’entente, portant sur plusieurs domaines de coopération, notamment économique, financier, industriel, judiciaire, culturel, touristique, énergétique, ainsi que dans le domaine des infrastructures et des affaires consulaires.