Marina d’Asilah : projet de 510 MDH en panne

18 mois après la signature de la convention d’investissement, rien n’a été fait à ce jour

L’Etat s’apprête à envoyer une mise en demeure à la société italienne SOIPA.

Le comité de suivi des conventions émanant de la commission interministérielle des investissements n’accorde plus de répit aux opérateurs qui tardent à honorer leurs engagements. Le précédent créé par le groupe Dallah Al Baraka, qui avait tardé à commencer les travaux au niveau de la station balnéaire de Taghazout (Agadir), et qui s’était vu accorder deux reports avant de se faire évincer du projet, aura servi de leçon. La Société italienne pour le port d’Asilah (SOIPA) n’aura pas de délai. Elle sera, dans les jours à venir, mise en demeure par l’Etat. Et pour cause, SOIPA avait signé en juillet 2003 une convention d’investissement avec le gouvernement marocain pour la réalisation de la marina d’Asilah. Comme le stipule la convention, la société italienne devait réaliser, en plus de la marina, deux hôtels 5 et 4 étoiles d’une capacité de 200 chambres chacun, un centre commercial, un amphithéâtre, un centre médical ainsi que les infrastructures concernant le port de plaisance et le port de pêche (quais, chantier naval, yacht-club…). Montant de l’investissement : 510 MDH avec, à la clé, la création de 700 emplois. En vertu de l’accord passé avec le gouvernement, la société italienne SOIPA disposait d’un délai de 36 mois pour réaliser son projet. Mais le fait est qu’aujourd’hui, et près de 18 mois après la signature de ladite convention, rien de concret n’a été fait. Selon des sources gouvernementales, «le comité de suivi des investissements a tenté de relancer à plusieurs reprises les dirigeants de SOIPA». Mais, à chaque fois, «ils nous répondaient qu’ils étaient encore au stade de négociations avec des bailleurs de fonds et des experts techniques pour la réalisation du projet».

La décision de mise en demeure devrait être validée le 31 janvier
Après plusieurs mois d’attente, le comité de suivi a décidé de prendre les mesures qui s’imposent. En effet lors d’une réunion tenue en septembre dernier, les membres du comité ont décidé de procéder aux dernières relances avant la mise en demeure. Aujourd’hui, ils se préparent à passer à l’acte. Un membre de la commission explique, en effet, que «cette mesure est fondée sur l’article 27 de ladite convention qui stipule expressément que le gouvernement se réserve le droit de mettre en demeure l’investisseur en cas de retard dans l’exécution du projet».
Mais si, légalement, leur décision est largement justifiée, les membres du comité de suivi ont préféré, dans le cas spécifique de SOIPA, soumettre la mise en demeure à l’aval de la commission présidée par le premier ministre. La raison en est que «la société italienne avait été démarchée par un membre du gouvernement actuel», révèle une source au sein de la commission. La décision de mettre en demeure la SOIPA devrait logiquement être validée par le premier ministre au cours de la réunion de la commission des investissements prévue le lundi 31 janvier.

Les membres du comité de suivi ont préféré soumettre la mise en demeure à l’aval du premier ministre. En effet, la société italienne avait été démarchée par un membre du gouvernement actuel.