Marché publicitaire : 3,5 milliards de DH de chiffre d’affaires en 2008

Pas d’impact de la crise, pour l’instant, selon les professionnels, qui prévoient une croissance de 5 à  10% pour 2008.
Les agences prévoient une réduction des budgets dans le secteur de l’automobile pour 2009.
Les télécoms, l’agroalimentaire et l’immobilier se maintiennent.

Pas de répercussion du ralentissement économique sur le marché publicitaire… pour le moment. C’est ce que répondent unanimement les opérateurs du secteur qui indiquent que l’année 2008 sera une bonne année, même avec un rythme de croissance inférieur à ceux de 2007 et 2006. Si, à ce jour, les chiffres pour l’exercice en cours ne sont pas définitivement arrêtés, au Groupement des annonceurs du Maroc (GAM), on avance une première estimation du chiffre d’affaires 2008 du secteur qui devrait se situer autour de 3,5 milliards de dirhams. L’activité publicitaire devrait donc, selon les professionnels du secteur, enregistrer une progression estimée entre 5 et 10%. Elle est certes inférieure à la croissance moyenne annuelle réalisée par le secteur au cours des trois dernières années, et qui tournait autour de 15%.
Certains patrons d’agences expliquent la déconnexion par rapport à la conjoncture actuelle par le fait que «le ralentissement d’activité économique s’est déclenché à la rentrée, période qui a coïncidé au Maroc avec le mois de Ramadan, durant lequel le marché publicitaire enregistre un pic important».

Montée en puissance en 2009 des campagnes pour l’habitat de moyen standing
Concernant les projections pour l’année 2009, ils demeurent globalement optimistes et ne prévoient pas de révisions à la baisse des budgets publicitaires, notamment dans les secteurs de la téléphonie et de l’agroalimentaire qui restent, de l’avis des agences, les deux plus importants blocs du marché publicitaire. Dans l’immobilier, on prédit également un maintien des investissements publicitaires et l’on parle même d’«une montée en puissance des campagnes pour l’habitat destiné à la classe moyenne», dans la perspective du développement que devrait connaître le moyen standing. Si l’on ne prévoit pas de perturbations pour ces trois branches d’activité, les responsables d’agences pensent, en revanche, qu’il y aura une réduction des budgets dans le secteur automobile, notamment pour le haut de gamme.
Du côté des annonceurs, on se dit optimiste pour l’année à venir car «la Haca [Haute autorité de la communication audiovisuelle, ndlr] va bientôt accorder des licences pour le lancement de nouvelles stations de radio et d’une chaîne de télévision, ce qui va se traduire par un plus grand choix en matière de supports». L’optimisme des annonceurs n’est pourtant pas partagé par certains acteurs publicitaires pour qui «certes, il y a plus de supports et le marché se développe, mais le gâteau publicitaire reste à peu près au même niveau. Le jeu est déjà serré pour les chaînes de télévision, alors comment imaginer l’arrivée d’une autre chaîne».

Les radios gagnent du terrain au détriment des chaînes de télé

En revanche, les publicitaires soulignent la nécessité d’améliorer la qualité et de créer des émissions de proximité, notamment au niveau des radios. D’ailleurs, l’arrivée des stations radio a, selon le GAM, positivement impacté le marché. Mais leur part de marché reste relativement faible, avec environ 10%, soit à peine 2 points de plus qu’il y a un an. Cette hausse s’est faite au détriment de la télévision qui a vu sa part de marché baisser à 52%. L’affichage, quant à lui, se maintient à 19%, soit autant que les investissement publicitaires dans la presse. Enfin, le marché de la publicité sur Internet reste embryonnaire avec des investissements qui ne devraient pas dépasser les 40 MDH cette année, selon les estimations du magazine Comnews, dans sa livraison de septembre dernier. Outre l’arrivée des radios qui s’est avérée bénéfique pour les annonceurs, le GAM estime que la mise en place d’une tarification préférentielle destinée aux PME permettra le développement du marché publicitaire.
Si l’idée, aujourd’hui à l’étude, est jugée intéressante par une partie des professionnels, d’autres y sont réticents et pensent que «c’est un vieux projet qui est aujourd’hui repris mais dont les chances de réussite sont limitées».