Marché du carbone : le Fonds Capital carbone Maroc réalise son premier investissement

Il s’est associé à  des fonds internationaux pour acheter des droits d’émission équivalents à  2 millions de tonnes de CO2 auprès de l’ONE.
Le contrat est valable jusqu’en 2018, et concerne le parc éolien de Melloussa, près de Tanger.

C’est dans un contexte quelque peu fébrile qu’un consortium composé d’Orbeo, du Fonds Capital Carbone Maroc (FCCM) et du Fonds carbone pour l’après 2012 (P12) vient de finaliser, le 25 octobre, une opération d’échange de quotas d’émissions antérieurs et postérieurs à 2012 avec l’Office national de l’Electricité (ONE). Cet accord s’inscrit dans le cadre du Mécanisme de développement propre (MDP) défini par le protocole de Kyoto, et qui permet aux pays industrialisés de réaliser leurs objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre en investissant dans des projets dans les pays en développement (voir encadré). Valable jusqu’en 2018, cet accord porte sur l’achat de droits d’émission équivalents à 2 millions de tonnes de CO2 qui seront générés par le parc éolien de Melloussa, près de Tanger, inauguré en juin 2010 et d’une capacité de production d’électricité de 140 MW.

«Compte tenu des incertitudes liées à l’après-2012, l’ONE a décidé de signer sans attendre cet accord d’achat de droits d’émission pour l’avant et l’après-2012. L’offre soumise par le consortium était la mieux adaptée à notre situation», explique Azzeddine Khatami, responsable des projets stratégiques à l’ONE, cité dans un communiqué de presse de la BEI. Simon Brooks, vice-président de la BEI, précise dans ce même communiqué que «la présente opération témoigne de la confiance accordée à ce projet emblématique pour l’après-2012». Au nom de cet accord, le consortium est chargé de «gérer la procédure d’enregistrement du projet prévue par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et d’acquérir des unités de réduction certifiées d’émissions (URCE) antérieures et postérieurs à 2012 résultant du projet».

Il s’agit là du premier contrat d’achat de réduction d’émissions du FCCM crée en 2007 par la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) qui contrôle 50% du capital. L’autre moitié est partagée à part égales entre la Caisse de dépôt et de consignation (CDC) et la Banque européenne d’investissement (BEI). Chargé d’accompagner les promoteurs marocains dans la réalisation de leurs projets MDP par l’acquisition de leurs crédits carbone sur la période 2008-2017, le FCCM dispose d’un capital d’investissement de 300 MDH.
«Le FCCM opère dans le trading. Nous achetons des crédits carbone et les revendons sur le marché international», explique Laïla Mikou, responsable investissement au FCCM. Ce dernier est toujours dans sa phase d’investissement, à la recherche de contrats d’achat de réduction d’émissions. Par la suite, il pourra revendre les crédits sur la place. Même le marché du carbone est un marché extrêmement concurrentiel. Le potentiel du Maroc dans ce domaine est élevé et dépasse certainement les 300 MDH estimés par le FCCM.

Notons qu’Orbeo est un joint-venture entre le groupe chimiste français Rhodia et la Société générale. Quant au P12, fonds conseillé par First Climate, société spécialisée en gestion des placements de carbone, il a été lancé en 2008 avec le soutien de la Banque européenne d’investissement (BEI), la Caisse des dépôts, l’Instituto de Crédito Oficial, la KfW Bankengruppe et la Banque nordique d’investissement.