Marchands ambulants au Maroc : Le fiasco des marchés pilotes

Création de marchés pilotes pour réunir ces vendeurs ambulants dans un même lieu avec accès à  l’eau et à  l’électricité moyennant une modeste redevance.

Devant l’ampleur du phénomène des marchands ambulants, l’Etat a bien tenté d’organiser ce commerce informel mais avec des résultats mitigés. Nombre de réflexions pour leur sédentarisation ont été menées. La plus aboutie est sans doute la création de marchés pilotes pour réunir ces vendeurs dans un même lieu avec accès à l’eau et à l’électricité moyennant une modeste redevance. Initié par Mohamed Bnini (société Sorsa) et mené de concert avec les collectivités locales concernées, ce projet avait pour objectif de doter Casablanca de 12 marchés pilotes répartis sur différents arrondissements. Mais le programme a échoué. Derb Moulay Abdellah à Oulfa, marché de Sidi El Khadir à Hay Hassani ou encore le marché de Chadya, tous ont été désertés. Les causes sont claires, selon les commerçants ambulants : marchés non desservis par les transports en commun, concurrence féroce qui réduit l’activité, ou encore des marchands ambulants non concernés par le projet venant avec leurs charrettes devant le marché, asphyxiant ainsi le commerce à l’intérieur. Toutefois, certaines expériences ont réussi et notamment le Marché Selk à Mâarif. Se réunissant au début dans une place donnant sur l’intersection du Boulevard Bir Anzarane et de la rue Normandie, les vendeurs ont pu profiter de stands dans un marché aménagé tout prêt du complexe sportif. Au fil du temps, certains l’avaient quitté, cédant la place à d’autres alors que plusieurs ont préféré rester. Aujourd’hui les affaires marchent à merveille dans ce marché. Mais c’est un cas qui reste une exception.

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