Malgré une baisse à  fin juillet, les textiliens prévoient pour cette année le même niveau d’exportations qu’en 2011

Les carnets de commandes sont assez bien garnis jusqu’en novembre. Les industriels mettent le paquet sur l’Allemagne pour atténuer le recul sur les autres marchés de l’Union européenne. Il n’y a toujours pas d’approche commerciale globale sur le marché américain.

L’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) se montre sereine et estime que même si l’année n’est pas bonne, elle n’est pas catastrophique non plus. Elle prévoit que le montant des exportations au titre de l’année en cours s’établira à 30 milliards de DH, soit à peu près le même niveau qu’en 2011 clôturée avec 29,5 milliards de DH (cf. www.lavieeco.com). D’après une étude réalisée par l’association professionnelle auprès des entreprises exportatrices de diverses régions du pays, il apparaît que les carnets de commandes sont assez bien garnis jusqu’à fin novembre. Mais les industriels ont pu maintenir ce niveau d’activité par la compression de leurs coûts de fabrication et la stabilisation de leurs marges. Ils ne donnent pas l’ampleur de la baisse des prix, et se contentent de parler d’«un effort important» sur les coûts. En dépit de l’impact de cet effort commercial sur le chiffre d’affaires, aucune fermeture ou réduction d’heures de travail dans le secteur n’est signalée. Les chefs d’entreprises se plaignent plutôt, surtout dans les régions de Tanger et de Fès, du manque de main-d’œuvre pour la réalisation des commandes, principalement en juillet et août.

L’Allemagne est en passe de devenir le troisième client du Maroc

A fin juillet, les exportations avaient totalisé 2,5 milliards de DH, portant le montant total des sept premiers mois de l’année à 17,7 milliards de DH contre 15,2 milliards à la fin du premier semestre. Comparées à celles de la même période de l’année dernière durant laquelle elles s’élevaient à 18,6 milliards de DH, les exportations à fin juillet 2012 sont en baisse de 5% ou 900 MDH en valeur. Ce recul, qui s’explique notamment par la baisse de la consommation sur les marchés européens et la dépréciation de l’euro, concerne les deux principales filières de l’industrie textile. Ainsi, les exportations de vêtements confectionnés ont reculé de 4%, passant de 11,5 milliards de DH à 11 milliards et celles de la maille ont baissé de 6%, passant de 7,1 milliards de DH à 6,7 milliards. Selon les professionnels, la maille a été plus touchée que le chaîne et trame en raison de la sous-traitance.

L’analyse par marché des exportations de textile confirme que l’Union européenne reste le principal client du Maroc qui consolide sa présence sur cette zone, même si des efforts sont fournis sur d’autres nouveaux marchés tels que les Etats-Unis ou encore les pays du Moyen-Orient. On retiendra, à cet égard, l’importance que prend de plus en plus l’Allemagne dans le portefeuille des entreprises. Ce pays est en passe de devenir le troisième client du Maroc après l’Espagne et la France. Et le secteur table même, d’ici la fin 2012, sur une hausse des exportations quant à ce marché sur lequel il a réalisé 2,1 milliards d’exportation en 2011, et ceci grâce aux actions promotionnelles, notamment la mise en place d’un partenariat avec deux sociétés allemandes de communication et de marketing chargées de la promotion du textile marocain et de la veille sur le positionnement des exportateurs sur ce marché.

De manière générale, les opérateurs devront intensifier leurs efforts dans la zone euro pour préserver leurs parts de marché en attendant que la situation économique s’y améliore. Certains d’entre eux soulignent même qu’il faudra attendre deux à trois ans avant qu’il y ait une reprise des importations de produits textiles dont la tendance était encore à la baisse à fin juillet en comparaison avec l’égale période de l’année précédente.

Aux Etats-Unis, il n’y a pas encore, selon les professionnels, de stratégie globale. La démarche consiste en une série d’initiatives individuelles ou parfois de groupes d’entreprises pour approcher les donneurs d’ordre. Certaines entreprises ont établi des contacts potentiellement porteurs mais la concrétisation risque de prendre du temps, dit-on dans le secteur, en raison de la taille de ce marché et de la spécificité de la demande.

Pour le moment, les industriels ont les yeux rivés sur leurs tableaux de bord. En dépit de la crise, ils ne désespèrent pas de voir leurs prévisions pour 2012 se réaliser si les exportations continuent d’évoluer à leur rythme mensuel moyen de 2,4 milliards de DH à 2,5 milliards depuis le début de l’année.