Malgré le recul, le Maroc premier de la classe Mena

Le commerce international devrait augmenter de 4,6% cette année contre une estimation de 3,1% en 2013 puis de 5,1% en 2015 et 2016.

L’économie mondiale est entrée en phase de rémission. Pour autant l’embellie ne sera pas la même pour tous. Pour le Maroc en particulier, 2014 est moins fringante que l’année qui a précédé.

Un récent rapport de la Banque mondiale affirme en effet que les activités de production et d’échange sont entrées dans un tournant et que cela les éloigne d’autant de la crise financière de 2008 et de ses répercussions. Pour les experts de l’institution financière universelle en effet, l’économie mondiale devrait se renforcer cette année tandis que la croissance s’accélère dans les pays en développement et que les économies à revenu élevé semblent enfin se redresser cinq ans après le début de la crise financière mondiale. Par économie à revenu élevé, ils entendent celle des Etats-Unis principalement. Si tout se passe bien, si les choses restent égales par ailleurs comme on dit dans des cas semblables, la première économie mondiale devra à nouveau jouer la locomotive pour donner du tonus à celles des BRICS. Bien qu’en expansion, ces derniers avaient accusé le coup l’an dernier et leurs performances s’en étaient ressenties. Mais, c’est du passé maintenant. Grâce au retour de sève de l’économie américaine, la machine est repartie de l’avant. Sauf que la reprise n’a pas la même intensité partout et en même temps. Pour l’économiste en chef et premier vice-président de la banque, Justin Lin, «nous pensons que la croissance des pays en développement dépassera 5% en 2014 et que certains pays enregistreront même des taux de croissance nettement plus élevés : 8% en Angola, 7,7% en Chine et 6,2% en Inde. Il faut toutefois se garder de tout immobilisme sur le plan des politiques pour éviter que les bourgeons de la reprise ne dépérissent». En fait, les pays en développement sont dans une conjoncture complexe, eu égard à l’influence qu’aura la reprise des pays développés sur leurs économies. «D’un côté, le renforcement de l’activité économique dans les pays riches stimulera la demande de produits en provenance des pays en développement ; de l’autre, la hausse des taux d’intérêt freinera les flux de capitaux». Ce qui, rapporté au cas du Maroc, dit nettement ce qu’on savait déjà des perspectives d’une embellie commerciale doublée d’une moindre aisance sur le plan des investissements étrangers. Selon le rapport de la Banque mondiale, le commerce international devrait augmenter de 4,6% cette année (contre une estimation de 3,1% en 2013 puis de 5,1% en 2015 et 2016).

Côté obstacles, ce sont les taux d’intérêt qui risquent de faire problème. A mesure que les développés retrouvent pied, ces taux augmenteront et du coup, «dans ce cas de figure, les pays qui affichent des déficits courants de grande ampleur et une importante dette extérieure, ou qui ont connu une forte expansion du crédit ces dernières années, seraient particulièrement vulnérables». Et, pour la partie endettement au moins, c’est le cas du Maroc. De fait, note le rapport de la Banque mondiale, les économies en développement de la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord continuent à tourner au ralenti. «Les troubles politiques en Égypte, l’impasse en Tunisie et l’escalade de la guerre civile en Syrie, avec ses retombées dans des pays voisins tels que le Liban et la Jordanie, ont ralenti l’activité dans les pays importateurs de pétrole». En sorte que la croissance globale de la zone s’établira à 2,8% en 2014 avant de passer à 3,3% en 2015 et à 3,6% en 2016.

«Des chiffres bien en dessous du potentiel de la région», n’ont pu s’empêcher de commenter les experts de la banque. Dans le cas du Maroc, la contreperformance est encore plus manifeste. Après les 5,1% de l’année dernière et alors que le gouvernement mise sur une croissance de 4,2% cette année, la Banque mondiale, elle, prévoit que le taux de croissance moyen devrait tourner autour de 3,6%, aux environs de 4,4% en 2015 et de 4,7% en 2016.