Malgré la crise en Europe, le textile tient le coup : les industriels tablent même sur une hausse en 2012

Le chiffre d’affaires atteint 15.2 milliards de DH au premier semestre 2012. La confection et la bonneterie sont en légère hausse, la maille accuse le coup. Le secteur est resté sur une bonne tendance grà¢ce aux soldes et au sourcing de proximité.

Difficile de programmer des vacances dans le secteur du textile. Et pour cause, les entreprises, engagées auprès des donneurs d’ordre, doivent livrer les commandes avant la fin du mois d’août. Ce qui a poussé un grand nombre d’entre elles à planifier les départs en congé une semaine après Aïd El Fitr. «Pour l’heure, les entreprises ont du travail et une visibilité jusqu’au mois d’octobre, donc il ne sera pas possible d’arrêter le travail», indique un industriel de Casablanca. Est-ce donc là un indicateur de bonne santé pour le secteur, alors que les autres activités exportatrices pâtissent d’une conjoncture mondiale défavorable ?

Les opérateurs interrogés affirment que l’activité est aujourd’hui normale dans les entreprises du secteur ; en revanche la rentabilité s’est légèrement dégradée en raison de la baisse des prix. Ils restent néanmoins confiants. Et à l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith) on est dans le même état d’esprit puisque l’on table sur un chiffre d’affaires de 30 milliards de dirhams pour cette année, soit une petite évolution par rapport à l’exercice antérieur au cours duquel les exportations avaient atteint 29,3 milliards de dirhams. Il est ajouté que «pour l’instant, le secteur est sur la bonne voie». Les performances du premier semestre confortent l’optimisme de la profession. Au terme des six premiers mois de l’année, les exportations totales ont légèrement progressé pour atteindre 15,2 milliards de DH.  
D’après les statistiques communiquées par l’Amith, la branche des vêtements confectionnés a réalisé un chiffre d’affaires de 9,9 milliards de DH contre 9,8 milliards pour la même période en 2011, soit une amélioration de 1%. Pour le seul mois de juin, cette branche a enregistré des exportations en progression de 12% par rapport au mois de mai, à 1,7 milliard de DH. Les exportations de la bonneterie ont de leur côté atteint 3,9 milliards de DH contre 3,8 milliards pour le premier semestre 2011, soit une recette supplémentaire de 136 millions de DH et une augmentation de 3,6%.

La Roumanie et la Bulgarie reviennent en force

La maille, quant à elle, s’est inscrite à la baisse de 2,6%, en juin en comparaison avec le mois précédent. L’Amith juge cependant que ce recul n’est pas significatif car il est essentiellement dû à la saisonnalité de cette branche.

Dans un contexte de crise et de resserrement des budgets des ménages dans les pays de l’Union européenne qui sont les principaux clients du Maroc, le secteur s’en tire donc à bon compte… pour le moment. Cette situation semble paradoxale pour l’association qui, en toute logique, ne s’attendait pas aux résultats obtenus au premier semestre. Pour ce premier semestre, l’association constate effectivement que «la tendance de l’activité ne colle pas à l’évolution de la consommation sur les marchés clients. Il y a une baisse de la consommation, pourtant les exportations sont restées quasiment stables durant la période allant de janvier à juin 2012».

Les professionnels soulignent que deux éléments expliquent cette situation : d’une part, les soldes qui boostent la consommation et impliquent un renouvellement des stocks, ce qui donne du travail aux entreprises sous-traitantes, et, d’autre part, le choix des donneurs d’ordre de privilégier les zones d’approvisionnement de proximité. Le Maroc devrait en principe bien profiter de cette conjoncture puisque des donneurs d’ordre, inquiets quant à la stabilité politique et économique des pays comme la Tunisie et l’Egypte, réorientent leurs commandes vers le Royaume. Il aura quand même à faire face au retour, et donc à la concurrence, des pays comme la Roumanie et la Bulgarie qui étaient hors jeu avant le printemps arabe.