Malaise à  la fédération du tourisme

Son président s’en prend aux professionnels qui ont osé s’opposer à  la création de l’Agence d’aménagement et d’ingénierie.

Avis de tempête sur la Fédération nationale du tourisme (FNT), affiliée à  la CGEM. De plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer le comportement du président, Jalil Benabbès Taârji. En effet, la publication par La Vie éco, dans son édition du 22 décembre 2006, d’un article intitulé Des CRT dénoncent l’empiètement du ministère du tourisme sur leurs prérogatives, qui donnait la parole, entre autres, au président du CRT de Marrakech, Abdellatif Kabbaj, et à  celui d’Agadir, Saà¯d Sqali, a suscité une réaction brutale de la part du président de la FNT. Alors que les critiques des professionnels visaient plutôt le ministère, M. Taârji a envoyé aux deux présidents en question, par voie de SMS, un message court mais fort dont nous livrons le contenu: «Beaucoup de mauvaise foi dans La Vie éco. Un vrai procès d’intention. Dommage que tu n’évolues pas».

Les offensés exigent des excuses publiques
Comme on peut s’en douter, ce message n’a pas laissé indifférents ceux qui l’ont reçu. Au point qu’Abdellatif Kabbaj a saisi son avocat pour envoyer une lettre de protestation à  l’expéditeur, précisant que, dans les prochains jours, il demandera une réunion exceptionnelle des professionnels du tourisme pour demander la démission du président de la FNT. Autrement, ce sera lui et d’autres professionnels qui quitteront la CGEM. Quant à  Saà¯d Sqali, aussi outré soit-il, il affirme ne pas vouloir répondre à  une provocation «émanant de quelqu’un qui a réussi à  faire l’unanimité contre lui, et ceci d’autant plus [qu’il] ne compte pas briguer un second mandat à  la tête du CRT lors de l’assemblée élective du 18 janvier prochain».

Et comme pour accumuler les maladresses – pour ne pas dire plus -, le président de la FNT a réagi violemment à  l’annonce de l’assemblée constitutive de la fédération régionale de Casablanca, tenue le 20 décembre courant, et à  l’élection à  sa tête d’Othman Chérif Alami, président d’Atlas Voyages. En effet, dans une interview accordée au quotidien Le Matin, Jalil Benabbès Taârji a accusé les professionnels de Casablanca de «manque de responsabilité flagrant» et qualifie leur démarche de «foncièrement malhonnête». Joint au téléphone par La Vie éco, Othman Alami a affirmé qu’il allait demander, par le biais de l’avocat de la fédération régionale, «des excuses officielles et publiques» au président de la FNT. «C’est une réaction complètement démesurée venant de surcroà®t d’un président de fédération», conclut M. Alami. Décidément, ça chauffe dans le tourisme. Pour notre part et face aux accusations de mauvaise foi dont nous taxe M. Taârji, est-il besoin de préciser que nous avons donné la parole à  toutes les personnes concernées par notre article et que, justement, lui ne l’était pas ?