Maghreb Steel veut redorer son blason 

Le sidérurgiste national a invité la presse à une visite d’usine, mercredi 27 novembre, pour mettre en avant les actions de redressement mises en place depuis 2015. 

Trois employés scotchés devant l’écran de leurs ordinateurs commandent un énorme four à arc électrique. Provoquant un bruit assourdissant et des étincelles de métal, cet outil industriel fusionne plusieurs tonnes de ferraille pour en faire de l’acier plat.

Une famille de produits d’acier que les industriels transforment pour produire une infinité de produits que nous utilisons quotidiennement. Nous sommes mercredi 27 novembre à l’usine «Bled Solb» de Maghreb Steel, sis à la commune de Chellalat dans la périphérie de Mohammédia. Nous nous trouvons dans la fameuse unité de laminage à chaud inaugurée en grande pompe en avril 2012 ; compte tenu de son caractère stratégique sur le plan industriel et son importance à l’échelle nationale et africaine.

La même qui promettait d’intégrer l’amont de l’industrie de l’acier plat au Maroc, avant que ce grand projet ambitieux ne vire au cauchemar quelques années seulement après, pour la famille Sekkat, les banques créancières et les 1800 ouvriers, mais pas que (cf : «Maghreb Steel peut-elle être sauvée ?»). En fait, la crise dont pâtit l’unique producteur d’acier plat est tout aussi cauchemardesque pour les industriels marocains, à savoir les transformateurs d’aciers qui doivent à la fois se procurer un acier renchéri par la surtaxation d’importations en vigueur dans le cadre des mesures de protection, et être compétitif vis-à-vis de la concurrence internationale.

Pour prouver à l’opinion publique que la protection commerciale (sauvegarde et antidumping) dont bénéficie le sidérurgiste est utile, le top management multiplie les sorties médiatiques récemment. C’est dans ce sens qu’il a convié la presse à visiter son usine.

«Tout le monde entend parler de Maghreb Steel, mais peu de gens savent de quoi il s’agit de visu», déclare Hatim Senhaji, directeur général de Maghreb Steel.
Pour le jeune dirigeant de l’entreprise, cet exercice de communication est important pour mettre en avant les différentes actions mises en branle depuis 2015 pour sauver l’entreprise.

Du moins, consolider sa performance industrielle et s’abstenir de s’endetter davantage, puisque le remboursement de la dette sur le court et le moyen terme est impossible dans la situation actuelle du marché local et international.

En fait, malgré sa part de marché national oscillant entre 70% et 85% (monopole de fait) et même si l’entreprise arrive à dégager du cash, le chiffre d’affaires reste modeste (3,1 milliards de DH en 2018).

La vague mondiale de protectionnisme provoquée par la politique commerciale de l’administration américaine, la taille étroite du marché marocain et la croissance économique timide au Royaume, les capacités énormes de Maghreb Steel et certains problèmes de compétitivité (cf: «Maghreb Steel : Quatre clés pour comprendre la faiblesse de la compétitivité») sont autant de facteurs qui expliquent la performance commerciale faible de l’entreprise.
Sur le plan interne, le management et les équipes de l’entreprise ne se laissent pas démotiver. Depuis 2015, ils ont revu des process pour optimiser la production.

«Nous avons mis en place un plan de transformation sécurité pour mettre la sécurité au cœur de la performance», précise Hatim Senhaji.

La direction qui remplace l’ancienne équipe de la famille Sekkat a instauré une nouvelle démarche qualité et R&D pour développer de nouveaux produits.
Sur un autre registre, celle-ci prospecte de nouveaux marchés pour élargir l’usage de l’acier dans divers secteurs.

Le complexe sidérurgique «Bled Solb» se compose d’une aciérie électrique de 1 million de tonnes, un laminoir à chaud de tôle forte (Plate Mill) de 500 000 tonnes, un laminoir à chaud de bobine (Steckel Mill) d’un million de tonnes.