L’usine PSA s’approvisionnera à  hauteur de 60% auprès d’équipementiers locaux

La nouvelle unité industrielle générera des commandes, en composants et pièces automobiles, de 10 milliards de DH par an. Un nouvel opérateur aéronautique annonce également l’ouverture d’une filiale au Maroc en septembre.

PSA Peugeot Citroën met fin au suspens. L’industriel français vient d’annoncer la construction d’un complexe à Kénitra, précisément dans la commune Ameur Seflia. Représentant un investissement de 6 milliards de DH, dont 5% portés par la Caisse de dépôt et de gestion, cette unité industrielle assemblera dès 2019 des moteurs et des véhicules des segments B et C et compte atteindre une production de 200 000 véhicules et 200 000 moteurs à terme.

Les travaux de terrassement du site qui abritera l’usine débuteront en 2016, tandis que les machines et les équipements seront installés en 2018. Les voitures devraient être assemblées sur la CMP (Common Modular Platform), la nouvelle plate-forme des citadines que développe PSA avec son partenaire et actionnaire chinois Dongfeng. A travers ce choix, le groupe PSA veut capitaliser sur les atouts du Royaume en tant que base automobile mondiale pour gagner en compétitivité. D’après son management, l’usine servira ainsi de plaque tournante pour desservir le continent. «L’Afrique et le Moyen-Orient sont des marchés historiques pour PSA et cette région doit devenir un levier d’internationalisation rentable de notre plan Back in the Race. L’usine nous permettra d’avoir des capacités de production au cœur de la région pour y vendre un million de véhicules en 2025», affirme Carlos Tavares, président du directoire de PSA Peugeot Citröen. En avril 2014, ce dernier a présenté son plan de reconstruction couvrant la période 2014-2018 qui vise le retour à un free cash-flow opérationnel Groupe positif au plus tard d’ici à 2016, le porter à 2 milliards d’euros sur la période 2016-2018, et une marge opérationnelle de 2 % pour la Division automobile à l’horizon 2018.

4 500 emplois directs et 20 000 indirects

L’unité de PSA s’appuiera sur le tissu de fournisseurs présents au Maroc, à l’instar de Saint-Gobain (France), Delphi (Etats-Unis), Hirschmann (Autriche), Coficab (Tunisie), Sews Cabind (Japon), Fujikura (Japon), P.E.C Plastic Electromecanic Company (Tunisie), Lear (Etats-Unis) qui bénéficieront de la montée en puissance progressive du dispositif industriel, ainsi que sur le développement d’activités d’ingénierie nécessaires au projet. Le groupe entend s’approvisionner auprès de ces équipementiers à hauteur de 60% au démarrage du projet et 80% à terme. Selon le communiqué conjoint de PSA et du ministère de l’industrie et du commerce, cette nouvelle usine générera un approvisionnement, en composants et pièces automobile de 10 milliards  de DH par an. Pour Moulay Hafid Elalamy, la présence d’un deuxième constructeur automobile fait baisser le risque pour les équipementiers de dépendre d’un seul donneur d’ordre. Par ailleurs, le projet va permettre la création de 4 500 emplois directs et 20 000 indirects dans les secteurs de la fourniture de composants et d’ingénierie. Il contribuera aussi au développement d’une filière recherche et développement qui devrait occuper à terme 1500 ingénieurs et techniciens supérieurs.

Outre l’accord relatif à cette usine, sept autres accords annexes concernant les contrats de mise à disposition du foncier industriel, de prestation ferroviaire,  de prestation portuaire, d’approvisionnement en eau, en énergie électrique et en gaz naturel ont été signés.  

Le Maroc reste attractif pour les grands groupes industriels

L’annonce du groupe français confirme que le Maroc demeure toujours aussi  attractif pour les grands constructeurs automobiles. Outre Renault qui a bien pris ses marques dans le Nord, Ford a annoncé, fin mai, sa volonté d’installer des bureaux d’achat et de vente pour la région MENA au Maroc et tripler ainsi ses approvisionnements dans le pays. Volkswagen est également en train de lorgner la destination pour s’y fournir. Tout ceci devra encore permettre au Royaume de s’imposer davantage sur la carte internationale de l’industrie automobile. 

Chose qu’il réussit avec brio dans l’industrie aéronautique. Ceci vient d’être conforté par l’arrivée d’une nouvelle référence mondiale. En effet, le français Figeac Aero a annoncé l’ouverture d’une filiale au Maroc, en marge du Salon du Bourget. Il s’agira d’une nouvelle unité de production en zone best cost dont le lancement des travaux est prévu pour septembre 2015. Le programme d’investissements s’étale sur 5 ans. Le budget de financement est arrêté à 270 MDH, dont 220 millions iront aux moyens de production et 50 millions au foncier et à l’immobilier. FigeacAero Maroc compte créer 500 emplois, dont 40 durant la première année d’activité. L’unité industrielle sera dédiée aux activités d’usinage des pièces aéronautiques, de tôlerie, et pourra proposer en option une activité de traitement de surface.