L’usage des quads sur route embarrasse les pouvoirs publics

Les constructeurs dégagent leur responsabilité quant à l’utilisation sur la chaussée

Aucun texte ne réglemente leur usage

Une partie du parc est homologuée,
l’autre reste en suspens.

Les quads envahissent nos villes, investissent les chaussées, les trottoirs, les plages et les forêts dans l’anarchie la plus totale. Les professionnels estiment leur nombre à 500 à Casablanca, autant à Marrakech et plus de 200 à Rabat. Ce phénomène de mode se répand de manière sauvage, les engins ne faisant actuellement l’objet d’aucune réglementation spécifique, alors qu’il s’en vend quelque 300 par an.

Aujourd’hui, une commission réunissant le ministère du transport et celui du tourisme ainsi que le Centre national d’homologation a entamé la réflexion pour tenter d’élaborer un cadre légal et des espaces dédiés à ces engins qui, quoique n’étant pas conçus pour rouler sur la chaussée, servent essentiellement à cet usage. La plupart du temps conduits par des jeunes, ils causent nombre d’accidents de la circulation.

Problème, le ministère du transport voit cette question dans l’optique de la prévention des accidents, alors que le département du tourisme cherche à les intégrer dans une politique d’animation des sites touristiques. «Les quads sont des engins de sport, sauf que, chez nous, ils ne disposent d’aucune infrastructure, et le travail à faire réside justement dans l’équipement de circuits fermés pour laisser ces jeunes donner libre cours à leur hobby», estime un responsable au ministère du tourisme.

Etant loin de cette situation pour le moment, il s’agit d’abord d’homologuer ces engins. Or, s’ils ont toujours été assimilés à des motos et immatriculés comme tels, au cours de l’été 2005, et à la suite d’une série d’incidents, leur homologation a été suspendue en attendant qu’une solution définitive soit trouvée.

Résultat : une partie du parc est homologuée, disposant donc d’une carte grise et d’une assurance, une autre ne l’est pas. La suspension de l’homologation a été décidée car les services concernés, en étudiant de plus près les catalogues et les caractéristiques techniques de ces machines, ont découvert que les constructeurs eux-mêmes mentionnent clairement qu’ils dégagent leur responsabilité quant à l’utilisation des quads sur la voie publique dans la mesure où ils présentent des problèmes de stabilité, particulièrement dans les virages.

Des réunions avec un comité d’importateurs de ces machines n’ont pas dégagé une unanimité quant à la nécessité ou non de l’homologation de ces véhicules. Quant aux parents qui offrent à leur progéniture des engins dont le prix va de 25 000 à 80 000 DH, ils gagneraient à être sensibilisés. Le problème reste donc entier.