L’Université internationale de Rabat joue la carte du développement durable

L’université compte désormais trois certifications HQE. 2 600 m2 de panneaux photovoltaïques, piscine chauffée au solaire, chauffe-eau solaires, bassin de rétention d’eau…, l’établissement multiplie ses engagements pour le développement durable.

En octobre 2014, elle a obtenu l’un des tout premiers labels HQE (Haute qualité environnementale) du Maroc pour l’un de ses bâtiments d’enseignement, devenant ainsi le premier bâtiment d’enseignement certifié HQE en Afrique. Quasiment un an, jour pour jour, après ce premier certificat, l’Université internationale de Rabat (UIR) a encore reçu la certification HQE pour sa piscine couverte chauffée, sa  salle omnisports et la résidence universitaire n°3.

Il faut dire que depuis son inauguration en 2010, l’établissement s’est donné pour mission, outre celle de devenir une référence dans le monde académique au Maroc et en Afrique, d’«être une université innovante qui s’inscrit dans la modernité et, donc, forcément liée au développement durable», comme le résume, enthousiaste, Mohamed Abdellaoui, vice-président de l’UIR, chargé des affaires générales. Cette vision se décline aussi bien dans la démarche HQE, la création d’une filière dédiée que dans l’importante part que représentent les énergies renouvelables sur les 180 brevets déposés par l’UIR.

Jusqu’à 25% des besoins électriques sont assurés par des panneaux photovoltaïques

Sur place, le «Smart Campus», imaginé par l’architecte Khalid Molato, a des allures de parc et vous donnerait presque envie de revenir sur les bancs de l’école. «Nous avions un campus à construire et il était normal qu’il s’inscrive dans le développement durable», confie M. Abdellaoui. Résultat, autour d’un bassin de rétention des eaux pluviales de 3 000 m2 qui contribue à l’arrosage des 3 500 arbres du site, se dressent les bâtiments, orientés de façon à répondre aux principes de l’architecture bioclimatique (apport de la lumière naturelle, protection contre la surchauffe, etc.) et construits à partir de matériaux locaux et les plus sains possibles pour l’environnement et la santé des occupants.

Reliant le restaurant universitaire à l’un des bâtiments d’enseignement, une allée centrale sur laquelle trônent 2 600 m2 de panneaux photovoltaïques fournit 2 MW d’électricité par jour, assurant jusqu’à 25% des besoins de l’UIR. «Nous projetons de réaliser d’autres opérations comme cette ferme solaire. Nous sommes actuellement en discussion avec des bailleurs de fonds», annonce M. Abdellaoui. Pour alimenter en eau chaude la résidence universitaire, soit environ 80 000 litres d’eau chaude par jour, des chauffe-eau solaires aux capteurs sélectifs ont été installés. Double vitrage, éclairage LED, isolation thermique et acoustique, choix méticuleux des équipements, de la robinetterie aux climatiseurs, il n’en fallait pas moins pour répondre aux 14 «cibles» qu’exige le label HQE. La piscine est chauffée par 100 m2 de capteurs solaires et traitée aux UV. Accompagnée par le bureau d’études Pyramide Ingénierie, l’UIR est en passe de réussir son pari. «Il s’agit d’une labellisation très contraignante puisqu’elle démarre dès la conception et s’étale durant toute l’élaboration du projet», explique M. Abdellaoui.

La première promotion de l’ECINE sera diplômée en 2017

Selon lui, le surcoût d’environ 5% qu’implique la démarche HQE n’a rien de rédhibitoire : «A moyen terme, dit-il, l’investissement est amortissable et c’est une véritable valeur ajoutée pour la santé et le bien-être de nos étudiants». Après tout, le million de dirhams dépensés dans le processus de labellisation HQE n’est qu’une partie infinie des 800 MDH déjà investis depuis la fondation de l’UIR.

Université oblige, la composante développement durable se retrouve également dans le contenu académique de l’établissement. Parmi ses 9 pôles, l’UIR compte ainsi, depuis la rentrée universitaire 2012-2013, un pôle «Energies renouvelables et études pétrolières», qui s’est décliné en une Ecole supérieure d’ingénierie de l’énergie (ECINE). Avec ses deux années de prépas en sciences fondamentales et ses 3 années d’école d’ingénieurs, l’ECINE, en partenariat avec l’Université de Lorraine, fait la part belle aux travaux pratiques, qu’il s’agisse du photovoltaïque de la ferme solaire de l’UIR ou de la pile à combustible. Certains étudiants se sont déjà distingués, à l’image de l’équipe UIR Solar Car qui a participé pour la première fois l’année dernière au Moroccan Solar Race Challenge avec son prototype de voiture solaire. L’équipe prépare déjà sa participation à la 4e édition de la compétition. Chaque année, une soixantaine d’étudiants intègrent le cursus. Les premiers diplômés sont attendus pour 2017. Cette année, une expérience pilote est réservée aux étudiants de la 4e année : ils partiront tous, sans exception, réaliser leur second semestre sur les sites de l’Université de Lorraine, à Nancy. «Si l’expérience réussit, elle sera reconduite», confie Alain Degiovanni, directeur du pôle et de l’ECINE. L’école s’apprête également à signer une première convention de partenariat avec EDF Energies Nouvelles Maroc.

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