Low Income Banking : les banques mettent le paquet…

550 000 clients pour la Banque Populaire et des centaines de milliers de clients pour Attijarwafa bank. Le segment n’est toujours pas rentable pour les banques.

Lancé au Maroc il y a trois ans, le Low Income Banking (LIB), ciblant la clientèle à revenus modestes ou irréguliers, semble avoir trouvé son marché et conforte les banques qui ont investi ce segment à redoubler d’efforts pour en profiter. En première ligne, la Banque Populaire, qui a lancé son Hissab Chaâbi en 2008, semble rencontrer un franc succès avec 418 000 clients recrutés jusqu’à fin août dernier. Mais outre ce produit, commercialisé dans son réseau classique, la banque exploite deux autres canaux pour recruter de la clientèle. Elle propose une offre pour la bancarisation des salariés et artisans à faibles revenus affiliés à la CNSS. Une voie qui a permis la captation de 57 400 clients. La banque au cheval cible également les bénéficiaires de microcrédits en s’appuyant sur les bases de données de sa fondation. Une démarche payante puisqu’elle a déjà permis à la banque d’attirer plus de 74 000 clients. En tout, ce sont donc un peu plus de 549 000 clients qui ont adhéré à l’offre de la Banque Populaire.

Un levier de croissance en ces temps de liquidité tendue

Qu’en est-il d’Attijariwafa bank et de BMCE Bank qui se sont également lancées sur ce marché ? Contactées, elles n’ont pas souhaité fournir d’indications chiffrées sur cette activité. Néanmoins, des sources au sein d’Attijariwafa bank évoquent déjà des centaines de milliers de clients pour la solution Hissab Bikhir. L’effort de la banque pour susciter la demande est en tout cas manifeste, sachant que, pour rappel, Attijariwafa s’appuie pour la commercialisation de sa solution sur le réseau dense de sa filiale Wafacash, et qu’une communication volontariste est maintenue autour de ce produit. Pour la solution Lilkoul de BMCE Bank, «plusieurs challenges ont été mis en place pour motiver le personnel à collecter des dépôts sans compter les actions marketing ciblées et les campagnes de proximité entretenues pour dynamiser la demande», selon le management. En somme, les banques veulent mettre le maximum de chance de leur côté et cela se comprend. «Ayant franchi un seuil où la croissance de leur portefeuille de clients bancarisables est moins forte, ces établissements se tournent vers d’autres sources de dépôts, en ces temps de liquidité tendue», explique un analyste financier. Et il faut dire que les ressources issues du Low Income Banking sont très bon marché. Les formules existantes privilégient le volet collecte de ressources sans proposer de rémunération en intérêts. Reste à savoir si le filon du Low Income Banking pourra se muer à terme en source de rentabilité additionnelle pour les banques.