L’opération de recrutement sans concours des 4 300 diplômés chômeurs bouclée

Ils ont été recrutés en 2011 par l’administration sur titre uniquement par décision exceptionnelle et provisoire. 17 000 recrutements en moyenne par an dans la fonction publique depuis 2007.

L orsque en 2011, l’onde de choc des événements qui avaient secoué la Tunisie atteignit le Maroc, provoquant, entre autres, la naissance du mouvement du 20 Février, le gouvernement de Abbas El Fassi, confronté au dossier des diplômés chômeurs, prit la décision d’en recruter une bonne partie. Contexte social oblige, la procédure de recrutement par concours, par laquelle devait passer désormais toute embauche dans la fonction publique, et qui entrait précisément en vigueur le 1er janvier 2011, était provisoirement mise entre parenthèses. Un décret avait d’ailleurs été adopté dans ce sens. Ainsi, 4 304 diplômés chômeurs devaient intégrer sur titre (Master ou équivalent, comme le DES, ou plus) l’administration, devenue l’eldorado des lauréats de l’enseignement supérieur. Selon la Primature, il s’agissait là de la totalité des diplômés chômeurs titulaires d’un Bac+5.
Selon diverses sources, y compris syndicales, les concernés avaient en effet reçu leur affectation et se trouvent donc, officiellement, recrutés. Dans tous les cas, rappelle un responsable au ministère de la fonction publique, il fallait impérativement boucler ce dossier avant 2012, car la mesure, comme indiqué plus haut, est dérogatoire et ne concerne que l’année 2011. «Qu’il y ait encore quelques difficultés techniques pour certains, c’est possible, mais tous ont été recrutés», confirme un syndicaliste. Les recrutements, rappelons-le, ont concerné à la fois l’administration étatique, territoriale ainsi que les établissements publics à caractère administratif.

23 000 recrutements en 2011 et 25 854 en 2012

Comme beaucoup le craignaient alors, cette décision, par ailleurs compréhensible au vu du contexte, pouvait faire tache d’huile, créer un précédent contraignant pour l’administration. Il y a quelques jours, un jeune diplômé de la Faculté des sciences islamiques de Fès, en situation de chômage, s’immola par le feu, provoquant la consternation. Et aussitôt, les yeux se tournèrent vers le nouveau gouvernement. Mais que peut bien faire ce dernier ?
En 2011, les recrutements dans la fonction publique s’élevèrent à un peu plus de 23 000, dont 18 802 postes prévus dans la Loi de finances (et sur lesquels ont d’ailleurs été pris les 4 304 recrutés de façon exceptionnelle), le reste étant des reliquats des postes budgétaires ouverts antérieurement mais non pourvus en leur temps. Pour 2012, le gouvernement sortant avait programmé, dans le projet de Loi de finances qu’il a laissé à son successeur, la création de 25 854 postes budgétaires. Entre 2007 et 2011, c’est une moyenne de 17 000 postes budgétaires qui ont été créés chaque année. Ce n’est pas rien, lorsqu’on sait que, précédemment, la moyenne annuelle des recrutements dans la fonction publique n’était que de 7 000.