L’ONMT met le paquet sur la Russie et la Pologne

Des TO ont été approchés dans ces pays pour programmer la destination
Objectif : 100 000 touristes russes en 2010 et autant de polonais
Problème : la Tunisie, l’Egypte et la Turquie déjà  très bien implantées.

Aquelque chose malheur est bon, dit l’adage. En cette période de crise cela s’applique parfaitement à la situation de certains secteurs économiques contraints à aller chercher de nouveaux marchés pour compenser la contraction de la demande sur les marchés traditionnels. Et c’est particulièrement le cas du tourisme. Ainsi, pour amortir la baisse des arrivées en provenance des gros marchés émetteurs, les pouvoirs publics se tournent désormais vers d’autres marchés considérés autrefois comme secondaires. Parmi ces niches, il y a les pays de l’ex-Europe de l’Est dont le flux touristique vers notre pays n’apparaît pas encore de manière nominative dans les statistiques officielles qui classent souvent les arrivées de Polonais, de Russes et des autres nationalités de l’Europe dans la rubrique «Autres».  Comme l’explique Fouad Hajoui, directeur à l’Office national marocain du tourisme (ONMT) basé en Autriche et en charge de ces pays, «l’intérêt des marchés de l’Est ne s’évalue pas à l’heure actuelle en termes de volume du flux touristique ou de parts de ces pays dans le tourisme national». Il préfère plutôt raisonner en termes de taux de croissance moyen qui a atteint,  ces cinq dernières années, à titre d’exemple, 60% pour les touristes polonais. L’accroissement des arrivées des touristes russes enregistre cette année des taux de croissance à 3 chiffres par rapport à 2008, et ce malgré la crise, fait remarquer en substance M. Hajoui.
Pour lui, l’intérêt de ces marchés réside dans leur potentiel à l’exportation, la forte demande pour les voyages, mais aussi le coût de la promotion pour atteindre un client comparé à d’autres marchés.
D’où donc les actions entreprises récemment par l’ONMT dans ces pays et qui se fixent pour objectif la barre des 100 000 touristes russes et autant de polonais dès 2010. «C’est le seul moyen, estime le responsable de l’ONMT basé à Vienne, pour réduire la dépendance  et la vulnérabilité du tourisme national par rapport à certains  marchés de l’Europe de l’Ouest».
Le démarchage et la prospection de l’office dans ces pays permettent aujourd’hui de dégager quelques données qui permettent de définir la spécificité de ces marchés où nos concurrents du pourtour méditerranéen, sont plus performants, même si certains d’entre eux pratiquent, selon  M. Hajoui,  le dumping à outrance. Selon la vision de l’ONMT, l’Autriche est considérée comme une plateforme pour la conquête des pays de l’Est qui sont composés de deux groupes : d’un côté celui de la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie, la Roumanie, la Bulgarie, entre autres, et de l’autre la Russie avec l’Ukraine. La conclusion à laquelle sont arrivés les experts de l’ONMT c’est que le salut pour conquérir ces marchés passe par les TO et par les vols charters.

Les concurrents présents par l’aérien et leur TO
Or, ces marchés sont déjà dominés par une forte implantation de TO tunisiens, turcs et égyptiens. Certains parmi eux sont même des leaders sur ces marchés. On peut citer ainsi les TO tunisiens comme Exim, Sunnydays en Tchéquie, aux côtés d’autres TO qui pèsent lourd sur le marché polonais ou hongrois. Par ailleurs, il faut savoir que la quasi-totalité des TO en Russie est turque.
Ajoutez à cela le fait que contrairement aux destinations concurrentes  (Tunisie, Egypte et Turquie) dont les compagnies aériennes sont très actives sur ces pays, les compagnies marocaines, jusqu’à une date récente, n’étaient pas présentes, d’où la faiblesse des flux de touristes en provenance de ces marchés.
Aussi, la stratégie mise en œuvre par l’ONMT tente-t-elle de remédier à ces handicaps en approchant grâce à des opérations de co-marketing des TO ciblés pour programmer et commercialiser le Maroc en augmentant  le nombre de charters,  jusqu’à atteindre une taille critique qui devrait avoir comme conséquence de motiver les compagnies marocaines, notamment les low cost, et même la RAM  d’investir ces marchés. Cette approche nécessite néanmoins une implication des transporteurs et, de manière générale, de tous les professionnels dans le processus. Le cas d’Agadir en est un bel exemple. Ce sont bien les marchés de l’Est qui ont permis aux hôteliers de la capitale du Souss d’amortir le choc suite à quelques opérations de promotion dans ces marchés.
Cela étant, l’ONMT a préféré, dans un premier temps, axer ses efforts uniquement sur deux marchés prioritaires que sont la Russie et la Pologne, en raison notamment de leur taille et des possibilités qu’ils offrent de programmer plus facilement des vols charters. Du reste, l’ONMT a ouvert récemment une représentation à Moscou et de nombreuses actions de promotion ont été entreprises dans ce pays et l’on s’attend à une ouverture dans les mois qui viennent d’une représentation de l’office en Pologne.
En dehors des actions de promotions classiques, il est prévu aussi la traduction du site web dans les langues de ces deux pays.