L’ONE vend en Bourse une partie de «Energie Electrique de Tahaddart»

Sur les 48% qu’elle détient, 20 à  28% seront cédés
Les 400 MDH attendus destinés à  alimenter
le budget d’investissement
D’autres actifs seront cédés pour la même raison.

Confronté à  un lourd programme d’investissement aussi coûteux qu’impératif et à  une dégradation malvenue de sa capacité d’autofinancement qui est passée de 2,45 milliards de DH en 2005 à  215 MDH en 2006, l’Office national de l’électricité (ONE) se retrouve dans l’obligation de redimensionner le périmètre de ses actifs pour renflouer ses caisses. Selon des sources bien informées, l’office est en passe de sélectionner une banque d’affaires marocaine pour la mission d’accompagnement dans le placement d’une partie de sa participation (48%) dans le capital de la société Energie Electrique de Tahaddart (EET), concessionnaire pour une période de 20 ans de la gestion et l’exploitation de la centrale éponyme (à  20 km de Tanger) qui assure près de 12% de l’approvisionnement en énergie électrique du pays. Ce sont ainsi entre 1,5 et 2,1 millions d’actions de cette co-entreprise qui seront cédées, par offre publique de vente, à  la Bourse de Casablanca. L’ONE n’en gardera à  l’issue de ce délestage que 28% voire 20%, en fonction du scénario retenu, contre 20% pour l’allemand Siemens Project Ventures et 32% pour l’espagnol Endesa qui deviendra de facto l’actionnaire majoritaire de la première station thermique au Maroc à  utiliser la technologie du cycle combiné (gaz naturel et vapeur d’eau) aux atouts écologiques incontestables.

La plus-value dégagée sera de l’ordre de 200 MDH
Ce désengagement partiel permettrait à  l’office de récolter au bas mot 400 DH et près de 200 MDH en plus-value après seulement deux ans de détention. C’est qu’EET, dont la phase commerciale n’a démarré qu’en avril 2005, est rapidement devenue une machine à  cash avec un résultat net de 111 MDH pour l’exercice 2006 pour des fonds propres totalisant 863 MDH et un capital de 750 millions et ce, au grand bonheur des trois actionnaires mais aussi des quatre banquiers (BCP, BMCE Bank, Attijariwafa bank et Crédit Agricole) qui ont apporté plus de 3 milliards de DH pour le financement du projet. Mais au regard des investissements qui l’attendent aussi bien pour accroà®tre sa capacité de production (centrale de Cap Ghir, Jorf Lasfar tranches 5 & 6, Ain Beni Mathar, etc.) que pour l’externalisation de la caisse interne de retraites (coût estimatif de plus de 13 milliards de DH), la restructuration financière de l’ONE devrait certainement s’étendre à  d’autres actifs et accoucher de nouveaux montages pour extraire du cash.