L’ONE investit 3,8 milliards de DH dans une nouvelle station hydroélectrique

Les travaux de la station de transfert d’énergie par pompage près du barrage Abdelmoumen démarrent

La BEI apporte 1,7 milliard de DH sur un programme de 3,8 milliards.

L’Office national d’électricité (ONE) accélère le rythme de ses investissements hydroélectriques. L’office s’apprête, en effet, à lancer les travaux de construction d’une deuxième station de transfert d’énergie par pompage (STEP) près du barrage Abdelmoumen (région d’Agadir), la première étant celle d’Afourer, près de Béni Mellal, qui était entrée en service en 2005. Cette dernière connaîtra par la même occasion un accroissement de sa capacité actuelle de près de 463 MegaWatt. Outre ce renforcement de la production électrique par la technique du pompage-turbinage, l’ONE compte lancer le chantier d’une nouvelle usine hydroélectrique de 32 MW à Tillouguit (région d’Azilal). Ces investissements, qui entrent dans le cadre du programme Hydroélectrique II, nécessiteront une enveloppe de financement de près de 3,8 milliards de DH dont 1,7 milliard (150 millions d’euros) apporté sous forme de prêts à long terme par la Banque européenne d’investissement (BEI).

L’objectif de ces projets est de contribuer à l’optimisation du fonctionnement du parc de production d’énergie et à la réduction des coûts de production par le stockage d’énergie générée en heures creuses, sous forme de bassin de rétention, afin de répondre aux besoins d’une courbe de charge importante en heures de pointe. Par ailleurs, et dans la mesure où ils proposent une alternative aux combustibles fossiles, l’ONE compte exploiter l’éligibilité des nouveaux sites au Protocole de Kyoto qui vise la réduction des gaz à effet de serre.

Une loi sur l’électricité dans le circuit d’approbation
Rappelons que, dans le cadre de ses efforts de diversification de son «bouquet énergétique», l’ONE tente depuis quelques années de développer les énergies renouvelables tels l’éolien ou le solaire et se penche depuis peu sur la faisabilité de la construction d’une centrale nucléaire dont les coûts de production sont nettement plus compétitifs mais qui nécessite un investissement de départ colossal. Cette diversification a été favorisée, rappelons-le, par la mise dans le circuit d’approbation d’un projet de loi sur l’électricité au début de l’été. Il prévoit notamment la mise en place d’une agence de régulation et la définition des acteurs de chaque maillon de la chaîne électrique : production, transport (qui devrait rester sous monopole) et distribution. La nouvelle loi prévoit aussi de concrétiser le relèvement du seuil d’autoproduction pour les énergies renouvelables à 50 MW au lieu des 10 actuels. Une mesure attendue par les gros consommateurs, notamment les cimentiers, de même qu’elle s’attachera à défiscaliser les équipements destinés à la production/consommation d’énergies renouvelables. Enfin, signalons qu’entre 2007 et 2012, 47 milliards de DH seront dépensés pour une puissance additionnelle de 3 800 MW.