L’ONCF a été victime de 18 000 actes de vandalisme et de pillage en 5 ans !

Les pertes subies par l’office s’élèvent en moyenne à  6,6 MDH par an. L’opérateur ferroviaire a investi 64 MDH en 2010 pour lutter contre le pillage des installations.

Le phénomène du vol du matériel sur les voies ferrées n’est pas nouveau, mais il a pris des proportions inhabituelles ces derniers mois. Au point que l’Office national des chemins de fer (ONCF) a cru bon de publier un communiqué pour signaler l’ampleur de ces vols et s’excuser auprès de ses clients. En effet, dimanche 21 août dernier, c’est tout le câblage de la ligne d’alimentation électrique sur le trajet Rabat Ville Salé qui a disparu, causant l’immobilisation totale du trafic entre les deux stations ainsi qu’une forte perturbation entre Rabat et Casablanca qui a duré toute la soirée, de 19h 30 à 0h 50. Les pertes occasionnées par ces actes de pillage auquel s’ajoute le vandalisme (vitres brisées, sièges saccagés…) sont évaluées par l’ONCF à une moyenne de 6,6 MDH par an. Pour protéger ses installations, ce dernier affirme d’ailleurs avoir investi, rien qu’en 2010, environ 64 MDH.
De fait, l’office tient une comptabilité précise de ces actes qui sont classés par nature. Entre 2006 et 2010, le nombre d’actes dits de malveillance contre les infrastructures s’est élevé à 2 328 actes, dont 225 contre les caténaires, c’est-à-dire le système d’alimentation électrique (vols de poids en fonte, de câbles, d’isolateurs…), 107 actes contre les installations télécoms et 1 996 contre le matériel de signalisation.
 
La hausse des cours des métaux explique l’aggravation du phénomène

Les actes malveillants n’épargnent pas non plus le matériel roulant, et leur nombre s’élève à 16 083 dont 15 450 jets de pierres, 474 poses d’obstacles sur la voie (pierres, pneus, troncs d’arbres, barres de fer…), et 49 actes contre les rames marchandises (fermeture des robinets d’arrêt précisément). Des actes, somme toute gratuits, car ils n’obéissent à aucune logique, au contraire des actes contre les infrastructures qui ont des fins pécuniaires, dans la mesure où le fruit du pillage (cuivre, fonte et autres matériaux) est écoulé sur le marché parallèle à des prix intéressants. Au total, le nombre d’actes de toute nature enregistré entre 2006 et 2010 est de l’ordre de 18 880.
Pour éviter ou limiter ces actes délictueux, l’ONCF a installé des clôtures le long des voies sur une distance de 255 km, et s’est engagé dans des actions de remplacement des câbles en cuivre par d’autres en aluminium moins tentants, ainsi que par un système de sécurité en rase campagne. De même, les contrepoids en fonte sont remplacés par d’autres en béton.
Enfin, l’ONCF a confié à des sociétés de gardiennage privées la surveillance des points critiques qui ont connu le plus d’actes de pillage, en attendant la mise en place d’un système de vidéosurveillance général centralisé.