L’ONA injecte 420 MDH dans Maroc Connect

La société doit payer 306 MDH pour la licence et investir un milliard en équipements.

Comme prévu depuis plusieurs mois, le groupe Ona, via le fonds d’investissement Attijari Capital risque vient d’injecter 420 MDH dans sa filiale en plein développement, Maroc Connect. Une opération destinée, entre autres, à apurer les pertes antérieures cumulées, principalement pendant la période où cette société était filiale à 100 % de France Telecom. La recapitalisation a été opérée en coup d’accordéon. C’est ainsi que le capital a été ramené dans un premier temps de 151,3 MDH à 21,3 MDH, avant d’être porté par apport d’argent frais à 441,5 MDH. Cette opération vient à point nommé pour faire face aux importants engagements financiers de Maroc Connect, adjudicataire, depuis septembre 2005, d’une licence de téléphonie fixe nouvelle génération pour l’établissement et l’exploitation d’un réseau de télécommunications fixes incluant les services de mobilité restreinte.

Le pari est de passer du statut de fournisseur d’accès à celui d’opérateur télécoms
D’après la convention signée avec le gouvernement, l’entreprise de services télécoms, créée en 1999, s’est engagée à verser à l’Etat 306 MDH en guise de contrepartie de la licence octroyée et à exécuter un programme d’investissement de près d’un milliard à l’issue de la première année d’exercice. Un montant qui sera investi dans la mise en place de réseaux de fibres optiques et l’acquisition de matériel radio basé sur les technologies CDMA et WiMAX.
Rappelons que l’année 2005 a connu la sortie de Fipar Holding – filiale portant les investissements financiers du groupe CDG (Caisse de dépôt et de gestion) – de Maroc Connect, et ce une année seulement après en avoir racheté le capital à parts égales avec l’Ona auprès de France Telecom, qui avait décidé de concentrer ses efforts sur les principaux pays européens. C’est que, dans la foulée de l’octroi à Maroc Connect de la troisième licence du fixe, la CDG a été ainsi acculée par la réglementation de l’Agence nationale de réglementation des télécoms (ANRT), du fait de sa présence à hauteur de 18 % dans le capital de Medi Telecom (via le holding Holdco), de ramener sa participation à un seuil inférieur ou égal à 10 %. Quant aux deux actionnaires restants, leur pari majeur est, maintenant, de faire réussir à leur filiale le passage du statut de fournisseur d’accès à celui d’opérateur télécoms en capitalisant sur le parc d’abonnés Internet déjà existant.