Logistique automobile : l’activité progresse de 15 à 20% par an

Trois grands opérateurs, Gefco Maroc, le turc Omsan et Marsa Maroc, se partagent le marché. Plusieurs importateurs automobiles recourent à au moins une prestation logistique, notamment le transport maritime et routier. La maîtrise des coûts oblige certains importateurs à gérer l’activité en interne.

En 2016, au total 163110 véhicules ont été vendus au Maroc, soit une croissance de près de 25% en comparaison avec 2015. Les métiers liés au secteur, notamment la logistique automobile, sont à l’avenant. D’après les professionnels, au moins trois acteurs se partagent ce marché : le groupe franco-russe de logistique Gefco installé au Maroc depuis fin 2005, le turc Omsan et récemment Marsa Maroc qui se serait lancée dans le stockage de véhicules neufs au port de Casablanca.

Il faut préciser que ce métier inclut le transport maritime et les démarches administratives de douane au niveau du port, le transfert au site de stockage sur camions porte-voitures, le stockage des véhicules sur le site, les opérations de préparation technique et esthétique et le travers aux succursales ou concessions. Tous les importateurs recourent au moins à un des services des opérateurs de logistique automobile. Avec 70% de part de marché, Gefco Maroc revendique la place de leader et se targue d’avoir un portefeuille clients de qualité. «Aujourd’hui, nous nous occupons de certains aspects de la logistique automobile des véhicules Renault qui arrivent au port de Tanger Med et celles qui sortent des usines Somaca et Renault à Tanger. On prend en charge notamment le transport routier et la livraison aux concessions», explique Jean-Paul Ornano, DG de Gefco. L’entreprise réalise également différentes prestations pour Sopriam (importateur et distributeur des marques Peugeot et Citroen), CAC (distributeur des marques Audi, Skoda, Porsche et Bentley) et Auto Nejma (Mercedes-Benz, Ssang-Yong et Mahindra). «Depuis quelques années, nous avons réussi à convaincre CFAO (distributeur d’Opel et de Chevrolet) et Kia (après le changement de propriétaire depuis 2 ans) de nous confier leur logistique automobile. Chaque année, nous traitons entre 70 000 et 80 000 véhicules en logistique, transport et stockage. L’activité connaît, elle, une croissance de 15 à 20% par an», ajoute M. Ornano. Elle aurait pu être plus importante si certains importateurs/distributeurs de marques automobiles n’avaient pas préféré gérer eux-mêmes leur logistique.

Le stockage est facturé entre 100 et 150 DH/véhicule/mois

Ainsi de Scama, distributeur de la marque Ford, qui continue toutefois de confier à Omsan le transport des véhicules importés du port vers les concessionnaires, sans compter l’externalisation du transport maritime. «Nous détenons nos propres plateformes de stockage de véhicules à Ain Sebaâ, à Settat et au niveau du siège casablancais. Par conséquent, nous n’avons pas besoin d’externaliser la logistique. En général, si 1 000 voitures sont vendues chaque mois, on garde un stock de 2 000 véhicules», déclare Abdelouahab Ennaciri, directeur général délégué de Scama.

Le stockage coûte entre 100 et 150 DH/véhicule/mois. Les prestations de lavage et de préparation esthétique du véhicule sont facturées 30 DH l’unité. Le prix de la préparation mécanique est de 100 DH. Au regard de ces prix, les importateurs sont parfois réticents à recourir aux services de prestataires externes, surtout si la marge du concessionnaire est réduite. C’est le cas de Toyota Maroc. «Nous gérons en interne notre logistique pour la flexibilité et l’efficacité en termes de maîtrise des coûts. Seul le stock est en partie externalisé. Rapportée à la marge, l’externalisation de la logistique nous coûterait cher», explique Adil Bennani, DG de Toyota Maroc, qui rappelle que les droits de douane sur les véhicules asiatiques sont de 17,5%.

Malgré tout, les prestataires, notamment Gefco, continuent d’investir. «Nous avons deux plateformes de stockage de véhicules de 10 ha chacune à Tit-Mellil et Médiouna. Elles ont une capacité de stockage de 11 000 voitures. Une troisième de 10 ha est en développement à Kénitra. Elle permettra de servir notamment l’usine de PSA en construction», dévoile le DG de Gefco, dont PSA est actionnaire à hauteur de 25%.