Logement subventionné pour la classe moyenne : 10 700 unités conventionnées à  fin mars

Les promoteurs privés ont été très actifs au cours du premier trimestre. 93% des logements conventionnés sont déjà  engagés. L’adhésion de la FNPI au dispositif devrait accélérer la cadence.

Ça commence à se bousculer au portillon pour le logement subventionné de la classe moyenne. Le volume des demandes de convention entre l’Etat et les promoteurs immobiliers dans le cadre du dispositif grossit à vue d’œil. Alors que l’on en était encore à 16 conventions déposées par les professionnels à fin 2013, six autres demandes se sont rajoutées au cours du premier trimestre de cette année, selon les chiffres du ministère de l’habitat. Si l’on peut juger ces volumes peu significatifs, exprimés en nombre de logements, ils font ressortir une progression notable. En effet, les promoteurs immobiliers ont exprimé leur souhait de construire 4 000 logements supplémentaires pour la classe moyenne au cours des trois premiers mois de l’année, faisant passer le volume d’unités en attente de conventionnement de 6 700 à 10 700 entre fin 2013 et mars 2014, soit une progression de près de 60%.

Ce sont essentiellement les promoteurs immobiliers privés qui ont dopé les chiffres puisqu’ils sont à l’origine de 5 nouvelles demandes de convention portant sur plus de 3 750 logements. De fait, les promoteurs privés veulent construire jusqu’à présent 6267 unités. Il faut voir dans ce dynamisme l’effet du réaménagement du dispositif pour la classe moyenne dans la Loi de finances 2014. Cette dernière a fait augmenter le prix de vente réglementaire de 6 000 DH/m2 TTC à 7200 DH/m2 TTC (soit 6000 DH/m2 HT). Par leur montée en puissance, les promoteurs privés sont même passés devant Al Omrane en termes de demandes de convention, ce qui est positif en soi puisque le ministère de l’habitat compte en priorité sur le secteur privé pour faire parvenir le dispositif à sa vitesse de croisière. Ainsi, l’aménageur public, dont le rôle a surtout consisté à démarrer la machine en lançant les tout premiers projets subventionnés pour la classe moyenne, totalise aujourd’hui un peu moins de 4 470 unités, avec seulement une seule convention déposée au premier trimestre 2014 portant sur 212 habitats. Il faut du reste préciser que sur le total des projets en cours de conventionnement chez Al Omrane, quelque 3 680 habitats sont rattachés à une seule convention cadre conclue avec le ministère de l’habitat.

La FNPI promet 20 000 unités à l’horizon 2016

Dans tout cela, où en sont les réalisations ? Contrairement au logement social pour lequel seulement 28% des habitats conventionnés ont été mis en chantier jusqu’à présent, la période de latence au niveau du logement pour la classe moyenne est très réduite. Ainsi, sur les 10 700 habitats intermédiaires en phase de conventionnement, 9 947 unités, soit près de 93%, ont déjà été engagés. Cependant, même avec ce fort taux de concrétisation, on demeure bien en deçà du besoin annuel sur le segment intermédiaire évalué par le ministère de l’habitat à 20 000 unités (si l’on exclut bien sûr la production de moyen standing réalisée par les promoteurs hors convention qui satisfait une partie de la demande).

Mais il y a fort à parier que la cadence des demandes de convention devra s’accélérer sur les prochains mois. La raison en est l’adhésion officielle de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI) au dispositif, actée en avril dernier avec le ministère de l’habitat, avec à la clé la promesse de construire 20 000 unités à l’horizon 2016. La fédération avait boudé le dispositif depuis son introduction dans la Loi de finances 2013 en raison de son manque d’attractivité. Il faut voir à présent dans son adhésion une plus grande participation future des moyens et grands promoteurs à l’effort de production de logements subventionnés pour la classe moyenne. Preuve en est que la FNPI propose depuis déjà quelques semaines aux professionnels intéressés par le dispositif de lui en faire part en vue de la signature d’une convention avec le département de l’habitat. Les demandeurs sont appelés à fournir un ensemble d’informations sur les programmes envisagés, allant du nombre d’unités prévues (un minimum de 150 logements à construire sur 5 ans est exigé) à la part du financement bancaire en passant par les dates de lancement et d’achèvement des programmes.