Logement social : le plan de relance est là  mais où sont les terrains ?

Le problème est persistant dans des villes comme Casablanca et Rabat.
Le foncier public est conditionné par l’engagement dans les programmes de logements à  140 000 DH.
Le foncier privé se fait rare dans l’attente des plans d’aménagement de plusieurs villes.

A dopté à l’unanimité le 10 décembre dernier par la commission des finances de la Chambre des conseillers, validé dans sa nouvelle mouture par les représentants et paru dans la Loi de finances 2010, le plan de relance du logement social, s’il satisfait largement les professionnels du bâtiment, n’en souffre pas moins d’une contrainte jugée sérieuse, celle du foncier. La rareté du terrain constructible se pose avec acuité dans certaines villes comme Casablanca et Rabat, qui expriment pourtant les demandes les plus fortes en logements à bas prix. «Le succès du plan de relance dépend de la possibilité de mobiliser du foncier privé mais surtout public appartenant à des administrations telles que les ministères de l’intérieur, de l’équipement ou la direction des domaines», s’inquiète Youssef Iben Mansour, président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI). De plus, cette mobilisation du foncier public et privé doit aussi être accompagnée d’une large couverture des villes du Royaume par des documents d’urbanisme en vigueur. «Les autorités locales de certaines villes comme Casablanca doivent absolument adopter les plans d’aménagement parce que ces derniers constituent la clé de voûte du plan de relance», explique-t-il. Il est à rappeler, par exemple, que depuis 2003, Casablanca vit sous le système des dérogations et que ses plans d’aménagement ne verront le jour dans leur intégralité que d’ici fin 2010.

Un tiers du foncier public peut être utilisé librement

Au ministère de l’habitat et de l’urbanisme on se montre rassurant. «Tel qu’il a été adopté, le plan de relance du logement social prévoit bien évidemment l’accès au foncier public. Les promoteurs qui le souhaitent peuvent bénéficier de celui dont dispose Al Omrane et qui est destiné au programme de logement mixte, à condition de respecter le cahier de charges», tient à préciser Mounia Diaa Lahlou, directrice de la promotion immobilière au ministère de l’habitat et de l’urbanisme. Toutefois, pour pouvoir bénéficier d’un terrain faisant partie des 3 857 ha acquis par Al Omrane auprès de la direction des domaines en 2009, après une année de tractations entre l’habitat et les finances, les promoteurs doivent s’engager à réaliser des logements à 140000 DH et des logements sociaux sur les deux tiers dudit terrain. En définitive, si ce système de péréquation permet aux promoteurs de disposer de foncier, et de pouvoir également produire du haut standing sur le tiers du foncier acquis, il les oblige à se lancer dans le créneau, pas forcément rentable du logement à 140000 DH. Est-ce la bonne solution, sachant que l’on a voulu encourager la petite promotion en rabaissant le seuil d’éligibilité à la convention avec l’Etat à 500 logements ? Il semble bien que pour l’instant il n’y ait que ce schéma. «Les promoteurs peuvent également se tourner vers le foncier privé comme ce fut le cas pour le logement social durant ces dix dernières années», ajoute Mme Lahlou. Mais pour cela, encore faut-il que ces derniers trouvent lesdits terrains ! L’on revient donc à cette disponibilité du foncier et la problématique des plans d’aménagement.