Logement social : 60% des unités programmées à  l’horizon 2016 déjà  en chantier

Les mises en chantier ont totalisé 323 350 logements à  fin novembre, contre un objectif de 500 000 unités à  fin 2016. Depuis la mise en place du dispositif des logements à  250 000 DH, une offre de 1,23 million de logements s’est formée et est actuellement à  des stades plus ou moins avancés, entre autorisation et construction.

Le message tend à revenir de plus en plus souvent dans le discours des professionnels de l’immobilier. Le segment du logement social commence à son tour à donner des signaux d’essoufflement. Une lecture des chiffres permet de confirmer cet état de fait.
Jusqu’à fin novembre, 323 350 logements sociaux regroupés au niveau de 435 projets sont en cours de construction au niveau national. D’autres unités à venir, autorisées mais dont les travaux n’ont pas encore démarré, représentent un total de 51 281 habitats rassemblés au niveau de 75 projets. A cela, il faut encore ajouter un futur stock conséquent de 855 369 unités au niveau de 192 programmes, représentant l’offre qui a été conventionnée avec le ministère de l’habitat et qui doit encore faire l’objet de demandes d’autorisation avant de pouvoir être mises en chantier.

Si l’on additionne le tout, depuis que le nouveau dispositif du logement à 250 000 DH a été mis en place en janvier 2010, une offre de 1,23 million de logements s’est formée et est actuellement à des stades plus ou moins avancés, entre autorisation et construction.

Seulement, le rythme de cette offre est en baisse manifeste. En effet, le pallier du million de logements sociaux a été dépassé entre janvier 2010 et la mi-2012, soit en 2 ans et demi. Plus d’un an et demi après, ce volume ne s’est renchéri que d’un peu plus de 25%.

Ainsi, après un début en fanfare, la production du dispositif du logement à 250 000 DH s’est clairement tassée. Si elle s’affichait en hausse de 58% en 2011, elle a régressé de 1% en 2012 et elle s’est très faiblement reprise au premier semestre 2013 avec une modeste hausse de 1,7%, en comparaison avec la même période de l’année passée. Plus notable encore, ce sont à présent les mises en chantier qui se rétractent, annonçant des baisses de production pour les mois à venir. En effet, le volume de logements sociaux initié sur la première moitié de 2013 s’inscrit en recul de plus de 63%.

La tutelle cherche à savoir si l’offre est bien répartie sur le territoire

Faut-il s’en alarmer pour autant ? Pas nécessairement, quand on sait qu’avec l’offre future et présente déjà formulée par les promoteurs sur le segment social, il y a largement de quoi satisfaire la demande identifiée par le ministère de l’habitat. En effet, pour diviser par deux le déficit en logements évalué actuellement autour de 800000 unités, le département de Nabil Benabdellah table sur la construction de 500 000 logements sociaux à l’horizon 2016. A mi-chemin de cette échéance, et si l’on ne compte que les logements mis en chantier jusqu’à présent, on en est déjà à 60% de cet objectif. La question se pose cependant de savoir si l’offre en construction est bien répartie sur le territoire national et est à même de satisfaire les besoins identifiés au niveau de chaque région. A ce niveau, le doute est permis si l’on considère par exemple que Casablanca et Tanger accaparent 50% des mises en chantier au niveau national et que Rabat n’accueille jusqu’à présent aucun programme. Et c’est à dessein que le ministère de l’habitat planche actuellement sur une cartographie qui devrait, entre autres, quantifier le besoin en logements sociaux par marché régional afin d’orienter l’investissement dans le dispositif. Une autre priorité sur laquelle se concentre actuellement la tutelle porte sur le rehaussement de la qualité des produits, source de plusieurs frustrations pour les acquéreurs. Selon des sondages préliminaires recueillis par l’Habitat, les critiques formulées ciblent notamment les surfaces insuffisantes des logements qui tournent très souvent autour de 50 m², soit le minimum légal, ou encore le manque de diversité dans l’offre de programmes ainsi que la faiblesse des niveaux d’équipement proposés. Autant d’insuffisances qui devraient être cernées dans une étude visant à faire un bilan global du dispositif du logement à 250 000 DH et qui devrait être finalisée l’année prochaine.