Logement : le segment du haut standing échappe à la grisaille

Les promoteurs ont mis l’accent sur l’innovation d’ergonomie, de répartition des surfaces et de choix des matériaux. Le taux de commercialisation de certains projets à Rabat et à Casablanca atteint 95%. Les acquéreurs recherchent un meilleur cadre de vie.

Le marché immobilier au Maroc continue d’afficher grise mine. Méventes, stock d’invendus, report de décisions de réinvestir…. Le président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), Taoufik Kamil, refuse pourtant de parler de crise et a bien précisé sa position lors d’une conférence de presse organisée mercredi 26 septembre. «La demande est exprimée et l’offre existe», a-t-il assuré. On peut partager ce constat. Néanmoins, une bonne partie de cette offre ne trouve pas preneur parce que non conforme, dans une certaine mesure, aux attentes des acquéreurs potentiels.

Mais pour être juste, cette atonie ne concerne pas tous les segments du marché. Une partie du secteur, le haut standing +, se porte très bien, aux dires de certains promoteurs. Ils sont nombreux à être satisfaits de leurs projets et de leur taux de commercialisation. Et pour cause, ces opérateurs se sont professionnalisés dans le domaine, ont élaboré des études de marché avant même la mise en place de leurs programmes immobiliers, et ce, tout en ciblant une niche de clientèle particulière qu’ils qualifient de classe moyenne plus à haut standing. «Au delà des mètres carrés, le client cherche le design et la finition. D’où tout l’intérêt de mettre l’accent sur l’aspect architectural qui tend à se développer progressivement au Maroc», explique un promoteur.

Il faut dire aussi qu’un client lambda ne veut plus se suffire à l’existant qui, non seulement est inadapté, mais est également hors de son budget. En revanche, il est prêt à acheter si l’offre le satisfait. C’est pourquoi les promoteurs structurés et visionnaires ont misé sur l’innovation, que ce soit en termes de contenu, d’esthétique, de volumes, d’ergonomie, de répartition des surfaces, de choix des matériaux…
A Rabat, dans le quartier Souissi, une superficie d’une centaine d’hectares a été ouverte à la construction d’immeubles de haut à très haut standing.

Forte demande sur les quartiers Souissi et Hay Riad à Rabat

Plusieurs promoteurs en ont profité pour y développer leurs biens immobiliers, à l’instar de Cara Développement, Alliances Immobilier, Akwa Immo ou Eagle Hills. Leurs logements se sont vendus comme des petits pains. C’est le moins que l’on puisse dire, puisque les taux de commercialisation varient de 85% à 95%. La superficie des appartements proposés commence à 100m2 et peut atteindre jusqu’à 400m2 en fonction du promoteur. Un projet comme celui de Cara comprend également des penthouses.

En fonction de l’orientation du bien résidentiel et de l’étage, les prix peuvent aller de 15 000 à 30 000 DH/m2. Ce niveau de prix ne pose pas de problèmes aux acquéreurs constitués essentiellement de primo-accédants jeunes et moins jeunes, salariés, chefs d’entreprises et hauts fonctionnaires de l’Etat. En parallèle, une grande partie de la clientèle est composée d’acheteurs qui ont cédé leur villa sur la route de Zaër ou à Bir Qacem, après le départ de leurs enfants, pour trouver un nouveau lieu de vie plus intime et moins spacieux, ou encore de personnes voulant fuir le vacarme du quartier Agdal.

Hormis le quartier Souissi, l’offre de haut standing se situe dans sa majorité à Hay Riad (Prestigia avec Ryad Al Andalous) et à Bouregreg, à côté de la marina. Petit bémol : l’offre en villas et en lots de terrains est limitée. Elle est composée de quelques projets dans le quartier Souissi, Dar Essalam et la zone récemment ouverte à l’urbanisation.

Les lots de villas de la périphérie de Casablanca très prisés

A Casablanca, certains promoteurs semblent également avoir le vent en poupe. En plus de ceux qui opèrent à Rabat, Bouygues Immobilier, Saham Immobilier, Thomas&Piron, Palmeraie Développement, Saham, KLK, Alliances, Prestigia, CGI… ne trouvent pas de peine pour commercialiser leurs projets. «L’offre qui répond, au détail près, aux besoins des clients ne trouve aucune difficulté de commercialisation. Seuls les biens construits en masse sans prise en compte des besoins et des attentes pâtissent de stock d’invendus», commente un professionnel.

D’ailleurs, récemment, Bouygues, pour ne citer que ce promoteur, a annoncé le lancement de la livraison de la 3e tranche de son projet les Faubourgs d’Anfa…. Le taux de commercialisation a ainsi atteint 85% pour des appartements (T2 au duplex). Il est clair que les clients y ont trouvé leur compte. Le duplex est par exemple vendu à partir de 1,35 MDH, avec place au garage et terrasse ou balcon.

A l’exception du nouveau quartier Casa Anfa, une offre immobilière de haut standing se développe dans les quartiers périphériques, notamment à Dar Bouazza et Bouskoura. Citons parmi cette offre, Edenya, programme composé de 600 lots de villas lancé par Saham Immobilier, qui est presque totalement commercialisé à des prix variant de 2,7 à 4,5 MDH. Il en va de même pour Peninsula, toujours développé par le même groupe en partenariat avec le groupe Walili. Ce programme est composé de 700 appartements s’étendant sur une surface de 70 à 180 m2, de piscines collectives, de commerces, de promenades et d’espaces verts. Les prix vont de 1,2 à 2,3 MDH.

Omnidior, la filiale immobilière du groupe Omnipar, a aussi fini de vendre son projet «Pavillon» situé sur la route d’Azemmour. Les exemples ne manquent pas et le constat est le même : le segment du haut et très haut standing se vend bien, à condition que l’offre soit adaptée à la demande.