Logement : chères, trop chères les grandes villes !

Les villes de taille moyenne présentent le meilleur compromis entre prix, offre de logements et accès à  l’eau et l’électricité.

Qui dit qualité de vie, dit aussi logements accessibles à la majorité : disponibilité du logement, raccordement aux équipements primaires (eau et électricité), et prix du mètre carré. De manière générale, l’offre dans les 10 plus grandes villes du Royaume peine à répondre à la demande avec un déficit conséquent  estimé à près de 680 000 logements. De plus, l’étude démontre qu’aucune des villes de ce classement ne possède un taux de raccordement au réseau public, eau et électricité, supérieur à 96%. Pour cette catégorie de villes, la palme est décernée à Meknès où le prix du mètre carré est relativement faible, entre 3 500 et 8 500 DH/m². De plus, la ville offre des accès à l’eau potable et à l’électricité tout à fait corrects. Meknès est la ville qui a le moins besoin de logements par rapport au nombre de ménages.

Oujda surclasse les grandes villes avec des prix abordables

Derrière, la ville d’Oujda est l’autre bonne surprise de ce classement et cela malgré un manque de logement. Ainsi son salut provient d’un prix au mètre carré faible, entre 1 250 et 8 500 DH/m² (1er du classement des grandes villes). Par ailleurs, des améliorations sont à entrevoir au niveau des équipements puisque les taux de raccordements au réseau public sont inférieurs à 95% pour l’eau et pour l’électricité.
Marrakech arrive juste derrière avec des taux de raccordements plus élevés, certes, . Mais à ces bons résultats s’oppose le prix moyen élevé du mètre carré, compris entre 6 000 et 18 000 DH/m². Marrakech n’est pas pour autant la ville la plus chère de ce classement puisque Casablanca enregistre le prix d’habitat le plus élevé du Maroc (plus de 25 000 DH/m² pour certains quartiers). A cela vient s’ajouter un important besoin en logements -le plus important de tout le Royaume- et un taux de raccordement au réseau public en eau potable qui tourne à peine autour de 90%. Par contre, Casablanca peut s’appuyer sur un taux de raccordement au réseau public en électricité dépassant les 97%, l’un des meilleurs du pays.
A l’inverse, la ville de Kénitra, avec un taux de raccordement au réseau public en électricité qui n’atteint pas encore les 90% montre ici encore ses limites et ses besoins d’amélioration. En revanche, la ville affiche une bonne performance en terme de prix moyen en mètre carré, compris entre 4 750 et 7 000 DH/m², et son faible besoin en logements par rapport au nombre de ménages.  

Les dernières places, dans la catégorie «grandes villes» sont occupées par Tanger et Agadir qui, avec un prix moyen au mètre carré élevé (compris entre 4 700 et 19 000 DH/m² pour la première et entre 3 000 et 22 000 DH/m² pour la seconde), offrent une qualité de services en électricité et eau bien en dessous de leur standing. Autour de 80% seulement pour le raccordement à l’eau potable et inférieur à 95% pour celui en électricité.
En ce qui concerne les villes moyennes, la meilleure offre en termes de logements et de services de base se situe à Berrechid où le faible coût de l’habitat (le prix moyen du mètre carré d’un appartement étant compris entre 3 500 et 4 600 DH/m²) s’accompagne de taux de raccordement en eau potable et en électricité qui dépasse les 96%. La ville Khouribga vient juste derrière avec le même prix moyen du mètre carré mais des taux de raccordement légèrement plus faibles. En queue de classement, on trouve la ville de Larache, notamment à cause de son déficit en logements, ainsi que ses taux de raccordement au réseau public en eau très faible et en électricité  trop faibles (50e / 51 pour ce qui du taux de raccordement en électricité).

De manière générale, les villes de taille moyenne offrent une qualité de service de base encore faible avec des taux de raccordement moyens de 84,6% en eau potable et de 90,9% en électricité (il est à noter que ces moyennes sont proches des médianes). De plus, on remarque que la présence d’axe autoroutier est souvent synonyme d’amélioration des services de base puisque El Jadida, Settat et Berrechid ont des taux de raccordement supérieur à 90%.

Errachidia, Tiznit et Kelaat Sraghna mieux loties

Dans la catégorie Petites villes, on remarque que le prix médian au mètre carré est légèrement plus faible que pour les villes de taille moyenne. Ainsi, les villes d’Errachidia, Tiznit, et Kelaat-Sraghna occupent les premiers rangs dans la catégorie, la première citée étant la ville la moins chère au mètre carré du Royaume. Elles présentent un prix du mètre carré abordable, une offre répondant à la demande de logements et des taux de raccordement qui n’ont rien à envier aux plus grandes villes du Royaume. La palme revient tout de même à Tiznit en équipement de service de base : 2e  taux de raccordement en eau potable (94,7%) et 1er taux de raccordement en électricité (96,5%), toutes catégories confondues.

Pour ce qui est d’Essaouira et d’Ouarzazate, villes empreintes d’un fort élan touristique, les résultats ne peuvent être considérer comme  satisfaisants. La première citée propose des taux de raccordement au réseau public en eau potable et en électricité faible ainsi qu’un prix de l’habitat très élevé (compris entre 3 000 et 20 000 DH/m²). Pour la seconde, les résultats sont légèrement supérieurs avec des taux de raccordement en eau et électricité de 91,1% et 91,3%, et un prix moyen au mètre carré habitable de 6 250 dirhams, mais ne permettent pas à la ville d’honorer son statut.
Enfin, les villes de Guercif et de Mdiq restent à la traîne : des taux de raccordement aux réseaux publics d’eau potable et d’électricité de seulement 60% et 78% à Guercif, et un prix du mètre carré qui s’envole à Mdiq pour atteindre 12 000 DH/m² alors qu’il est en moyenne de 5 680 DH/m² dans les petites villes (la médiane étant à
4 000 DH/m²).