L’Office des changes exige davantage de rigueur des cambistes

L’élargissement de leur champ d’intervention aux dotations relatives aux soins médicaux, au pèlerinage et à  l’ômra est conditionné à  une meilleure organisation. La production de la CIN, en plus du passeport, est devenue obligatoire pour tous les types de dotations.

Le discours de la tutelle est sans équivoque. «Les bureaux de change n’ont plus droit à l’erreur dans l’exercice de leurs fonctions, s’ils espèrent développer le périmètre de leur activité», résument les responsables de l’Office des changes dans leurs récents pourparlers avec les cambistes. Clairement, si ces derniers, aujourd’hui habilités à faire du change pour les voyages touristiques, les études à l’étranger et les missions du personnel de l’Etat veulent élargir leur domaine d’intervention aux dotations relatives aux soins médicaux, au pèlerinage et à l’ômra, ils sont appelés à faire preuve de plus de précaution et d’organisation de nature à garantir un marché structuré, en parallèle aux efforts déployés par l’office pour contrecarrer le change en noir. «L’Office des changes nous a promis explicitement d’accéder à notre demande pourvu que les agents observent minutieusement toutes les nouvelles règles en vigueur (NDLR: instruction générale des opérations de change du 31 décembre 2012), ce qui n’est pas évident parce que beaucoup d’intermédiaires, au même titre que les clients, ne maîtrisaient même pas les détails des anciennes dispositions», concède Abdellatif Hassabou, président de l’Association casablancaise des bureaux de change (ACBC).

Les bureaux de change obligés de tenir un dossier pour chaque dotation octroyée

Des sources proches du secteur abondent dans le même sens. Selon ces dernières, la majorité des transgressions des normes régissant le change manuel que la tutelle relève de temps à autres sont dues essentiellement à un manque d’information des agents de change, des intermédiaires agréés en général, ainsi que des usagers. Pour y remédier, les équipes de l’office ont entrepris une tournée de vulgarisation des derniers changements concernant l’activité des bureaux de change à travers les régions qui concentrent le plus d’opérations d’achats et de vente de devises aux particuliers, en l’occurrence l’Oriental, Tanger, Fès, Béni-Mellal, Marrakech, Casablanca et Rabat.

Mis à part le changement du plafond de la dotation touristique qui passe dorénavant à 40 000 DH et qui peut être sollicitée pour un seul voyage au lieu de 20 000 DH maximum par voyage auparavant, les changements ont surtout concerné le verrouillage de la procédure d’octroi des dotations. Ainsi, il est devenu obligatoire de présenter la carte d’identité nationale (CIN) à l’agent du bureau de change pour toutes les natures de dotations (tourisme, stage, mission, etc.). L’usage se limitait auparavant au passeport seulement. «Cette mesure vise surtout les ressortissants qui ont deux passeports. La saisie du numéro de CIN est décisive pour s’assurer de l’existence de dotations antérieures ou pas», explique M.Hassabou. Ainsi, les bureaux de change sont-ils obligés dorénavant de tenir des dossiers contenant à la fois la copie de l’annotation sur passeport (cachet contenant la dénomination sociale du bureau) et de la CIN pour chaque dotation octroyée. «Nous ne réalisons pas beaucoup d’opérations à cause de cette nouvelle mesure qui n’est pas du tout connue de la clientèle», ajoute-t-il.

Aussi, l’instruction générale insiste-t-elle sur l’obligation de céder les devises pour les Marocains résidents dans les 30 jours après leur retour‬ du voyage, mesure qui n’est pas observée systématiquement. Pour ‪le rachat des devises, les étrangers non résidents sont tenus de présenter le passeport et le bordereau de change ou de transfert ne dépassant pas un mois.