L’OCE se prépare à  devenir S.A. et agrégateur pour les agriculteurs

L’office tient son conseil d’administration ce vendredi 19 décembre En hibernation depuis longtemps, il entend s’arrimer au plan «Maroc Vert» et diversifier ses missions.

Serait-ce la renaissance pour l’Office de commercialisation et d’exportation (OCE) ? Après une longue période de quasi-hibernation, cet organisme étatique, créé en 1965, autrefois passage obligé pour les exportations de produits agricoles et alimentaires, et qui s’est progressivement transformé en coquille vide à partir de la libéralisation intervenue en 1986, puis de la création de l’Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportation (EACCE) en 1993, s’apprête à effectuer sa mue. Transformation en société anonyme (SA), nouvelle organisation, changement de missions…, le plan que présentera Najib Mikou, son nouveau directeur général (nommé en août dernier) au conseil d’administration de l’office, qui se tient ce vendredi 19 décembre, est pour le moins ambitieux.
Nous avons essayé à plusieurs reprises de joindre le patron de l’OCE en vue de recouper les informations dont nous disposons, en vain. Toutefois, des sources bien informées ont levé le voile sur les grandes lignes du plan.

Quid de la dette des petits agriculteurs ?
Ainsi, l’OCE deviendra une société anonyme. L’objectif n’est pas tant de le débarrasser des pesanteurs administratives puisque sa forme juridique actuelle lui confère déjà une autonomie de gestion et d’engagement de dépenses. L’idée de base est que cet office puisse ouvrir son capital à ses clients que sont les exportateurs de produits agricoles ou agroalimentaires à l’instar des coopératives et des Groupements d’intérêt économique (GIE). Une telle configuration est de nature à garantir à l’OCE SA une relation étroite avec ses clients, une fidélisation de ces derniers et une remontée d’information sur les éventuels dysfonctionnements à corriger.
On mesure toute l’importance de l’ouverture du capital si on l’examine sous le prisme de l’une des missions que se prépare à assumer l’office. Ce dernier, quoique sous tutelle du département du commerce extérieur, entend devenir (bien entendu sous réserve de la validation du plan par le conseil d’administration) un acteur du plan Maroc vert en endossant le rôle d’agrégateur pour les petits agriculteurs. Assistance dans le processus de production, dans la logistique de récolte, le conditionnement, les démarches d’exportation et la commercialisation/recouvrement. Il faut rappeler à cet effet que l’OCE dispose de 7 stations de conditionnement réparties un peu partout dans le Royaume. Autres missions : celle de l’encadrement technique des agriculteurs, de la veille économique concernant les marchés à l’export et l’identification des opportunités de diversification, et, enfin, un rôle global de coordination sur le marché local.
Reste le problème de la dette des agriculteurs envers l’office. A la fin des années 90, l’on se rappelle que cette dernière avait culminé à 100 MDH. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Devant l’impossibilité d’avoir le DG de l’OCE, il ne nous a pas été possible de connaître l’évolution du dossier, toutefois, le nouveau plan préparé par ce dernier prévoit également le traitement de ce volet à travers une approche que nos sources qualifient de «novatrice», sans plus. Dernier point : en accord avec les organismes sociaux, l’établissement se propose de créer, au profit des agriculteurs exportateurs ainsi que de leurs employés des produits de couverture sociale, dont une assurance maladie obligatoire.
Le conseil d’administration de l’OCE validera-t-il la nouvelle démarche ? Réponse dans quelques jours, même si, de source ministérielle, on affirme que des discussions préalables ont déjà eu lieu à ce propos et que, de toutes les manières, «l’OCE n’a d’autre choix que d’évoluer pour ne pas péricliter». En attendant, l’office a déjà entamé une refonte de son système d’information et commencé la modernisation de ses infrastructures de conditionnement.  Affaire à suivre.