Location longue durée : les loyers des nouveaux contrats augmentent de 7 à  10%

La TVA sur les ventes de voitures d’occasion n’est pas rétroactive, seuls les nouveaux contrats seront concernés. Lors de la fixation des nouveaux tarifs, les sociétés appliquent une décote de 20% sur le prix de revente.

La note circulaire de la Direction générale des impôts est venue dissiper les grandes inquiétudes des professionnels de la location longue durée de véhicules (LLD) quant aux modalités d’application de la nouvelle TVA de 20% sur la plus-value de cession des voitures d’occasion. En limitant son champ d’application aux véhicules acquis à partir de janvier 2013, la taxation récemment introduite n’aura pas d’effet rétroactif sur le stock des véhicules en circulation. Le soulagement des opérateurs se mesure à l’ampleur des charges que la mesure aurait occasionnées si elle était appliquée au parc de véhicules existant. «Le coût devait être supporté par les entreprises de LLD, vu que les prix sont fixés à l’avance, au moment de la mise à disposition du véhicule au client», explique un professionnel. D’autant plus que plusieurs acteurs du marché adoptent un modèle économique qui consiste à facturer des redevances locatives égales à leurs prix de revient et se rattrapent lors de la revente du véhicule pour réaliser leur bénéfice. «Du moment que la TVA s’applique sur la totalité du prix de revente, elle aurait impliqué un coût additionnel pour la profession d’environ 500 MDH annuellement, coût qui dépasse largement les bénéfices consolidés du secteur», souligne Michel Benisty, DG d’Europcar et président de l’Association nationale des loueurs longue durée (Analog). C’est pour cela que, lors de l’introduction de leurs amendements à la deuxième Chambre, les professionnels n’avaient eu de cesse de rappeler que la mesure, si elle venait à être adoptée, mettrait sérieusement en difficulté tout un secteur d’activité.

En limitant le champ d’application aux véhicules acquis à partir de janvier 2013, le législateur a donné l’occasion aux loueurs de repenser leur politique de prix de manière à inclure le coût additionnel dans les nouveaux contrats soumis à la clientèle. Chez ALD Automotive, filiale de la Société Générale et leader du secteur, le management a fait montre de proactivité en développant bien à l’avance les nouvelles offres de prix. «Logiquement, nous avons fait en sorte de revoir nos valeurs résiduelles à la baisse en les minorant des 20% de TVA. Cela s’est traduit par des prix de location en hausse de 4 à 8%», explique Frédéric Banco, nouveau DG de la société. «Nous travaillons pour équilibrer notre modèle économique, de manière à ce que notre bénéfice soit réparti de manière égale entre l’activité location et l’activité revente», fait-il savoir.

M. Benisty abonde dans le même sens. Il prévoit toutefois une hausse des loyers mensuels de 7 à 10% tout en soulignant que cette fourchette ne doit pas trop changer d’un opérateur à un autre et concerne l’ensemble du secteur, du moment que les méthodes de calcul sont identiques chez la majorité des loueurs.

30 000 véhicules en circulation à fin 2012

Pour mieux préparer la clientèle, les sociétés de LLD lui ont déjà adressé un courrier expliquant l’origine de la hausse des loyers. Ils invoquent le changement de la législation et précisent qu’il ne s’agit en aucun cas de révision à l’initiative de la société. «Changement qui est de nature à être facilement intégré par notre clientèle, vu qu’on traite avec une cible avertie, et surtout fidélisée», anticipe un responsable marketing chez un loueur de la place. Et M. Benisty d’ajouter : «Les entreprises sont aujourd’hui conscientes des gains financiers et d’efficacité que représente la LLD, on s’attend à ce que la demande reste soutenue à l’instar des dernières années».

Pour rappel, le marché de location longue durée est contrôlé par trois principaux acteurs qui concentrent plus de 55% de parts de marché. Il s’agit d’ALD Automotive (Société Générale), Arval (BMCI) et Wafa LLD (Attijariwafa bank). Le parc à la route totalise environ 30 000 véhicules à fin 2012 contre pas plus de 15 000 en 2008, soit une progression de 100% en l’espace de quatre ans. Il est constitué de véhicules utilitaires légers pour plus de 50%, suivis de 4×4 et véhicules assimilés, alors que les berlines de luxe représentent 5% de l’offre.