Location longue durée : 30 000 véhicules en circulation, 13.8% de plus qu’il y a un an

En 2008, le parc de véhicules en LLD totalisait 15 000 unités à  peine. Les utilitaires légers représentent plus de 50% du parc. Les PME adressent de plus en plus de commandes aux loueurs. Trois opérateurs concentrent plus de 53% de parts de marché.

A la différence de plusieurs métiers support qui ont accusé le pas, puisque liés à des activités en baisse, la Location longue durée (LLD) de véhicules continue d’afficher de bons indicateurs. Au vu de ses chiffres,  le parc à la route a évolué de 13,8%. A fin octobre, le nombre de véhicules a atteint 29 600 tous segments confondus, contre 26 000 pendant la même période de 2011. Le marché aura donc crû de 97% depuis 2008, année pendant laquelle le parc totalisait à peine 15 000 véhicules. Les multinationales, les entreprises privées et les grandes institutions publiques concentrent toujours le gros de la demande, malgré la montée en puissance de la PME qui adresse de plus en plus de commandes, étant convaincue des avantages de l’externalisation de la gestion du parc pour mieux s’occuper de son corps de métier.

S’agissant de la typologie des véhicules mis en circulation, les véhicules utilitaires légers constituent plus de 50% du parc, suivis des 4×4 et véhicules assimilés, tandis que les berlines de luxe représentent à peine 5% de l’offre.

Aujourd’hui, huit acteurs font le marché. ALD Automotive (Société Générale), Arval (BMCI) et Wafa LLD (Attijariwafa bank) concentrent plus de 53% de parts de marché. Elles ont un effet d’entraînement sur l’ensemble du secteur, à travers leurs prestations séparées. A titre d’exemple, pour ALD automotive, premier acteur de la LLD en termes de parts de marché, toutes les rubriques d’activité affichent des taux de croissance à deux chiffres. En deux ans, elle a vu son courant d’activité évoluer de 32%, ses ventes de véhicules d’occasion de 41%, et ses effectifs se sont appréciés de 64%. «Nous pourrons faire mieux, surtout si nous arrivons à dépasser les contraintes administratives et législatives qui concernent le secteur», confie Nicolas Belleteste, DG d’ALD Automotive.

Des contraintes légales et administratives limitent le développement du secteur

Il faut dire que les sociétés de la LLD, affiliés à l’Association nationale des loueurs longue durée (Analog) se battent depuis des mois, comme le rapporte son président, Michel Benisty (DG d’Europcar Maroc), pour avoir le droit de renouveler les autorisations du parc tous les 5 ans au lieu du renouvellement annuel en vigueur aujourd’hui. En contrepartie, ils proposent d’investir dans une solution d’authentification des documents objet du renouvellement. «Nous trouvons aussi la mesure de la visite technique chaque six mois impertinente, vu que la société de location est la première à se soucier de l’état des véhicules en circulation à travers un suivi minutieux. Un véhicule qui n’est pas en bon état suppose pour nous plus de charges d’entretien et, par ricochet, moins de marge», fait remarquer Nicolas Belleteste. Aussi, l’Analog est en pourparlers pour enlever la limitation de 3,5 tonnes et 9 places y compris le chauffeur qui oblige aujourd’hui les acteurs du marché à louer une typologie de véhicules bien précise au détriment d’autres véhicules qui constituent une niche potentielle et à propos desquels le besoin se fait de plus en plus sentir sur le marché. A cela s’ajoute l’impossibilité de procéder au lease-back pour les loueurs de longue durée. Pratique qui existe sous d’autres cieux et qui se révèle être un bon catalyseur de performance du moment que le loueur vend le parc et le loue auprès de l’acheteur pour l’exploiter de nouveau. Cependant, le recours à ce montage peut être exploité d’une manière indélicate par les opérateurs malintentionnés. «Il s’agit d’un mal pour un bien», confie M. Belleteste.

Par ailleurs, de l’avis des professionnels, le marché tend à se corriger des pratiques peu transparentes voire déloyales. En effet, dans le secteur de la LLD, le chiffre d’affaires est constitué à la fois des revenus locatifs ainsi que du produit de la cession des véhicules. Plusieurs opérateurs ont privilégié le modèle économique qui pondère plus le chiffre d’affaires des ventes aux dépens de celui de la location. Par conséquent, les prix se trouvent bradés, voire en dessous du coût de revient. La perte subie sur la location étant rattrapée au niveau du bénéfice juteux qu’offrent généralement les ventes. Ainsi, l’on a assisté parfois à des chiffres d’affaires constitués à 80% en vente et à 20% en location. «Ces pratiques ne sont pas toujours gagnantes, parce que le prix de vente ne peut être déterminé à l’avance d’une façon exacte. Ce qui peut revêtir un risque énorme pour les sociétés à modèle économique pareil», affirme-t-on au niveau de la profession.

Il est important de souligner que le projet de Loi de finance 2013 prévoit la levée du principe du reversement du cinquième de la TVA à la cession des véhicules dont bénéficient les sociétés de la LLD. La nouvelle mouture du texte veut que ces sociétés s’acquittent de la TVA de 20% sur la marge au moment de la cession du véhicule quelle qu’en soit la durée de détention. «La mesure nous inquiète au plus haut degré. Elle aura des répercussions sur nos résultats. Nous essayons de limiter sa rétroactivité au stock pour que nous puissions prendre en considération son effet dans les prix de nos futurs contrats», s’insurge M. Belleteste, tout en mettant en relief les perspectives prometteuses qui s’ouvrent devant le secteur pourvu que ses professionnels obtiennent gain de cause dans leurs pourparlers avec l’administration.