Location de voitures : activité en baisse de 16% pendant la saison estivale

La demande est concentrée sur les voitures d’entrée de gamme pour des durées qui dépassent rarement 3 jours. La crise dans les pays émetteurs pèse toujours sur le secteur. L’été concentre 30% du chiffre d’affaires annuel de la profession.

La saison estivale n’a pas tenu ses promesses pour les loueurs de voitures. Concentrant d’habitude 30% du chiffre d’affaires annuel de la profession, la période a connu une baisse d’activité par rapport à 2013. «Nous avons prévu 45 jours de haute saison mais nous n’en avons eu que 18 à l’issue du mois d’août, Ramadan ayant coïncidé avec le mois de juillet. Ceci a impacté le chiffre d’affaires de la saison qui a décroché de 16%», explique Tarik Dbilij, président de la Fédération des loueurs d’automobiles sans chauffeur au Maroc (Flascam).
Cette baisse de l’activité s’explique en premier lieu par les difficultés que traversent toujours les principaux pays émetteurs de touristes et MRE. Ces clients, qui concentrent le gros de la demande, consacrent moins de budget à leur séjour au Maroc, écourtent leurs voyages et demandent les voitures les moins chères, avec le minimum d’options et de normes de confort. «De 6 jours, la durée moyenne de location a chuté à trois jours», informe M. Dbilij qui rappelle que les nationaux n’ont pas assez de poids pour permettre d’inverser la tendance, représentant à peine 5% du chiffre d’affaires du secteur. Aussi, les opérateurs ont subi, encore une fois cet été, l’effet de Ramadan qui a induit une baisse significative de leur activité, en écourtant la haute saison de 27 jours. Par ailleurs, les menaces terroristes visant le Maroc ont également eu un effet négatif sur l’affluence de la clientèle en cette période de l’année.
A cela s’ajoutent les nombreuses créations de sociétés de location, phénomène que connaît le secteur depuis plus d’une année et qui bride le chiffre d’affaires des opérateurs déjà installés, surtout ceux de petite taille. D’après les derniers chiffres du ministère du transport rapportés par la Flascam, rien qu’en 2013, il s’en est créé environ un millier !

La revente des voitures essence rapporte moins

Dans cette conjoncture, la citadine et la micro-citadine continuent d’être les plus prisées par la clientèle en raison de leur prix bon marché.
Les voitures de luxe affichent, elles, des taux d’utilisation en nette baisse depuis 2012, selon la majorité des opérateurs. D’autres affirment carrément qu’il n’y a pas de demande sur les segments autres que celui des micro-citadines. Plus chères, les compactes ont été moins sollicitées mais pas dans les mêmes proportions observées pour le segment du luxe. Cela dit, les loueurs subissent un nouveau revers, cette fois sur la revente. En effet, la hausse du prix de l’essence a cassé la demande adressée aux véhicules d’occasion de cette motorisation.
«Les voitures essence trouvent difficilement preneur. Les acheteurs potentiels proposent des prix en baisse de 30% par rapport à ce qui était pratiqué l’année dernière», concède un opérateur. Rappelons que le secteur est installé dans la morosité depuis 2010.
Après la stagnation observée en 2011 et 2012, à environ 2 milliards de DH de chiffre d’affaires, le secteur a enregistré une baisse d’activité significative en 2013 d’environ 25%. Et il semble se diriger sans surprise vers une nouvelle année baissière, au vu du mauvais cru de la saison estivale qui façonne le bilan annuel des loueurs de voitures.