Location avec option d’achat : baisse de 4% au premier semestre

Pour s’adapter à  la nouvelle TVA sur la revente de voitures d’occasion, les professionnels sont revenus à  la LOA classique. Le gain pour le client peut atteindre 10 000 DH. Des opérateurs considèrent que l’activité aura du mal à  se redresser sur fond de montée en flèche des créances en souffrance des ménages.

A l’origine des prouesses de l’activité automobile des sociétés de financement durant plusieurs années, la location avec option d’achat (LOA) a vécu un premier semestre 2013 des plus difficiles. Les signes de tassement de l’activité sont bien visibles chez la plupart des acteurs du marché. «Nous continuons de souffrir d’une demande très en retrait par rapport à celles des dernières années. Notre production Loa a chuté de plus de 10% au premier semestre, et la tendance concerne tout le marché», confie le directeur financier d’un acteur historique de ce type de financement. Chez Eqdom, des commerciaux font état d’une demande de plus en plus hésitante et nettement en décrochage avec la dynamique habituelle à la fois pour la Loa et pour le crédit auto simple.

D’après les chiffres consolidés du secteur, la production de ce compartiment phare de l’activité des sociétés de financement serait en baisse de 4% au premier semestre après avoir fini le premier trimestre sur un recul de plus de 10% par rapport aux mêmes périodes de 2012. «Nous aurions pu être dans une situation pire que celle que nous traversons aujourd’hui, mais nous avons limité la contre-performance grâce au levier des taux d’intérêt en plus de l’adaptation de l’offre à la nouvelle loi de finances», explique un directeur commercial chez une société de financement de la place. En effet, mis à part le ralentissement économique commun à plusieurs secteurs, et étant donné que les premiers mois de l’année ne coïncident pas avec le pic de l’activité pour les sociétés de financement, les professionnels affirment que la nouvelle TVA de 20% a eu un impact conséquent sur le fléchissement de la production. Du coup, ils se sont retrouvés contraints de s’adapter pour protéger l’attrait de leur formule. «Nous sommes revenus simplement à la Loa classique au lieu de la Loa plus, qui était, elle aussi, pensée pour contourner les changements de TVA survenus entre 2006 et 2009». Techniquement, la Loa plus retient une valeur résiduelle importante allant de 25% à 30% de la valeur de la voiture, que le client doit acquitter avant la fin du contrat. Ce qui suppose une TVA conséquente si la nouvelle mesure était adoptée sur ce schéma. Par contre, dans la Loa classique, les valeurs résiduelles, de 2% à 5%, supposent une TVA nettement inférieure à celle à acquitter pour la Loa plus. «Le crédit Loa moyen est de 200 000 DH, ce qui veut dire une valeur résiduelle moyenne de 60 000 DH dans la Loa plus et par conséquent une TVA à acquitter de 12 000 DH. En retenant les même moyennes, la TVA pour la Loa classique ne dépasse pas 2 000 DH. Soit une économie de 10 000 DH en moyenne par contrat», indique le directeur financier.

Cinq réaménagements de la fiscalité en sept ans

Il faut dire que ce réaménagement fiscal induit par la loi de finances n’est pas le premier que connaît la profession. En effet, il y en a eu cinq en sept ans. La TVA sur les loyers avait été portée de 7% à 10% en 2006, puis à 20% en 2007. Ensuite, le remboursement de la TVA sur les immobilisations avait été supprimée en 2008 avant d’être réinstaurée en 2009. La mesure contenue dans la Loi de finances 2013 constitue la cinquième modification. «Ce constat traduit l’absence de clairvoyance fiscale du législateur, dont les mesures ne sont pas bien étudiées et répondent surtout à des impératifs d’augmentation des recettes fiscales. Preuve en est l’application d’une TVA de 20%. Vu qu’elle n’est pas applicable au stock des contrats antérieurs à janvier 2013, elle aura le seul mérite d’avoir mis en difficulté l’activité LOA, sachant pertinemment que si rentrée d’argent pour le fisc il y a, ça ne sera pas avant 2018», commente un spécialiste.

Cela dit, les opérateurs restent divisés par rapport aux perspectives de reprise. Pour les uns, l’activité devrait connaître un regain de dynamisme, notamment à l’approche des mois d’octobre et novembre connus pour être de bons mois pour le crédit. Tandis que pour d’autres la production de crédits devrait fléchir davantage surtout avec la montée en flèche des créances en souffrance des ménages, ce qui renvoie de mauvais signaux aux opérateurs qui préfèrent généralement brider leur élan commercial au lieu de se retrouver avec des coûts du risque qui grèvent leur marges.