L’inquiétude commence à  poindre chez les agriculteurs

Dans certaines régions, ils sont obligés de reprendre les semailles.
Pour l’Etat, d’ici à  la mi-janvier, le retard des pluies
peut être rattrapé.

Les céréaliculteurs sont inquiets. Deux mois après les premiers semis, les pluies tombent avec parcimonie. Wadià® Krafess, agriculteur dans le Gharb, estime la situation critique. Les précipitations efficaces ne sont que de 40-50 mm alors qu’au stade actuel dominant des cultures, les besoins seraient de 150 mm. En tout, le Gharb a reçu 104 mm dont 58 avant semis, 30 en une seule fois et le reste par ondées de 3-4 mm, insuffisantes alors que le sol lourd et à  forte capacité de rétention de la région exige des apports conséquents lui permettant de résister plus longtemps.

Toujours selon M. Krafess, 20 % des emblavements sont en souffrance dans le haut Gharb proche du littoral, et 80 % tiennent encore, mais sont en mauvais état. Dans le bas Gharb, plus à  l’intérieur, on observe le jaunissement de 50 % des superficies dû, en plus du déficit hydrique, aux gelées bloquant la croissance.
Par ailleurs, dans certaines régions et sur les semis précoces effectués avant les premières pluies, actuellement au stade tallage, on assiste à  l’infestation de mauvaises herbes concurrençant les cultures sur les réserves d’humidité. Cependant, en raison de l’état de la végétation, ni désherbage ni épandage d’engrais de couverture ne sont possibles.

Concernant les semis plus tardifs, les espoirs sont encore permis si les grains n’ont pas germé. Dans le cas contraire, les jeunes pousses seront progressivement détruites d’autant plus que les racines évoluent dans un sol sec. C’est ainsi que certains producteurs, dans la Chaouia notamment, ont refait le semis sur des emblavements prégermés et prennent leur mal en patience. Cela risque de durer quelques jours encore. Aucune pluie n’est prévue dans les 5 à  8 jours qui viennent. Certains producteurs, sans jouer les oiseaux de mauvais augure, voient là  les prémices d’une campagne moyenne, surtout si le retard des pluies se prolonge.

De même, ils stigmatisent les déclarations officielles cachottières : on applaudit en cas de précipitations et on minimise les effets de leur retard. A ce propos, le ministère de l’agriculture indique que l’arrivée de pluies d’ici la mi-janvier pourrait sauver la situation. Il est vrai que toute mauvaise campagne se traduit par l’augmentation des charges budgétaires dues à  l’aide aux sinistrés. Ce qui pousse certainement les autorités à  essayer de maintenir l’espoir pour que les agriculteurs ne baissent pas les bras.