L’INPT pousse au développement de logiciels 100% marocains

Au Maroc, seulement 1% du chiffre d’affaires du secteur IT provient de l’industrie des logiciels. Un processus d’innovation logicielle concernant aussi bien les secteurs de l’agriculture, de l’industrie, que des services a été mis en place. L’Institut lance un master en monétique.

Dans le cadre de la 21e édition de son cycle de conférences ‘’Echanger pour mieux comprendre’’, la Fondation Attijariwafa bank a organisé, le 29 septembre à Rabat, en partenariat avec l’Institut national des postes et télécommunications (INPT), à travers le Soft Centre (R&D logiciel) présidé par l’ANRT, une conférence sous le thème: «Innovation technologique et performances sectorielles : études de cas et retour d’expériences». L’objectif de cette rencontre est de mettre en avant les innovations logicielles 100 % marocaines et de répondre aux attentes spécifiques des entreprises dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et des services. La conférence a vu la participation de chefs d’entreprises, d’experts IT et d’étudiants- ingénieurs. Selon Bedreddine Benameur, directeur de l’INPT, «la thématique des TIC nous est très chère, dans la mesure où nous nous efforçons d’encourager l’innovation et incitons les étudiants à créer des start-up, à aller vers l’entreprenariat». Et d’annoncer la création prochaine, au sein de l’INPT, d’un master autour de la monétique et qui fera notamment appel aux mathématiques appliquées à la finance.

D’après Saloua Benmehrez, directeur exécutif du groupe Attijariwafa bank, en charge de la Communication Groupe et de la Fondation Attijariwafa bank, «à travers notre fondation, nous avons pris l’initiative de venir à la rencontre des élèves ingénieurs, des universitaires et des chefs d’entreprises, qui contribuent chacun dans son domaine à l’émergence d’un écosystème basé sur la recherche et l’innovation, au service de tous les secteurs d’activité de notre économie». Et d’ajouter que «si nous avons choisi le thème de l’innovation, c’est qu’il constitue un défi majeur pour toutes les entreprises en quête de croissance et ouvertes sur un environnement concurrentiel».

Renforcement de la coopération entre opérateurs IT, universités et écoles d’ingénieurs

Jamal Benhamou, directeur général du Soft Centre, déplore, quant à lui, le fait qu’au Maroc, seulement 1% du chiffre d’affaires du secteur IT provient de l’industrie des logiciels. Il constate néanmoins que si le Royaume est aujourd’hui l’un des leaders dans le domaine de la monétique, c’est qu’un processus d’innovation logicielle a été mis en place. Et d’expliquer qu’à ses débuts, le Soft Centre a commencé par jouer le rôle de «courroie de transmission» entre les opérateurs IT et les universités et écoles d’ingénieurs, mais qu’«en raison du faible volume des projets accompagnés, il a été décidé de travailler, depuis 2013, selon une approche structurée comprenant, en plus de l’opérateur IT et de la composante universitaire, l’utilisateur final. Car une innovation n’a de sens que si ces trois composantes sont prises en compte». Le résultat de cette nouvelle approche a été une croissance beaucoup plus rapide du nombre de projets accompagnés par le Soft Centre.

La conférence a également été marquée par des témoignages et des retours d’expériences, concernant des cas de collaboration entre développeurs de solutions et sociétés utilisatrices. C’est ainsi que, dans le secteur de l’agriculture, Agridata Consulting a développé, pour le compte de Delassus, le premier progiciel marocain de gestion intégrée de la production agricole, LGA all-in-one. Ce progiciel a permis à Delassus d’améliorer sa productivité, tout en optimisant son process de production. Dans le secteur de l’industrie, Magnav a développé, pour le compte de Hyundai, un système d’exploitation sous Android  qui permet, entre autres, la géolocalisation des revendeurs et garages agréés par le constructeur automobile. Enfin, Dial Technologies a déployé une offre de services sur mobile pour Wafa Assurance, permettant aux clients de celle-ci de disposer d’informations telles que la géolocalisation en cas d’accident ou de panne, la localisation de la pharmacie de garde la plus proche, l’annuaire d’urgence, etc. A noter que l’ANAPEC a également bénéficié de cette même solution mobile, afin de faciliter la recherche d’emploi, permettre l’accès à des conseils en la matière, géolocaliser les agences, etc.