L’inflation étant faible, Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur à  3,25%

La faible pression émanant de la demande et les conditions macroéconomiques des pays partenaires justifient le statu quo. Les réserves de changes couvrent 7 mois d’importation, mieux que prévu en début d’année.

On ne s’attendait pas à un changement, il n’y en a pas eu. Bank Al Maghrib a maintenu son taux directeur inchangé, à 3,25%, à l’issue de son dernier conseil de l’année, tenu le 21 décembre, en revanche, une foule de mesures a été annoncée pour développer notamment la bancarisation. La décision du maintien du taux directeur a été prise à la lumière de la conjoncture nationale et internationale qui, selon le gouverneur de la Banque centrale, Abdellatif Jouahri, ne devrait pas exercer de pression notoire sur les prix. En effet, le conseil de la banque a noté que l’inflation est restée modérée cette année, grâce à la faiblesse des pressions émanant de la demande et du niveau encore bas de l’inflation dans les principaux pays partenaires.
Les conditions monétaires montrent également l’absence de pressions d’origine monétaire sur les prix. La masse monétaire (M3) continue en effet d’évoluer à un rythme modéré, avec un taux de croissance de 5,7% en glissement annuel, après 6,7% en moyenne au cours des trois derniers trimestres de 2010. Les crédits, principaux contributeurs à la création monétaire, évoluent à un rythme proche de leur moyenne à long terme, et les réserves de change, qui représentent aujourd’hui environ 7 mois d’importations, ont fait preuve, selon M. Jouahri, d’une meilleure résilience qu’anticipée en début d’année.

1% de taux d’inflation au titre de l’année 2010

Ainsi, la prévision centrale de Bank Al-Maghrib est restée proche de celle publiée lors du conseil précédent tenu en septembre 2010. En moyenne, l’inflation devrait s’établir à environ 1% cette année, et avoisiner 2,2%, selon les prévisions, jusqu’au premier trimestre 2012. L’inflation sous-jacente devrait également rester modérée et en ligne avec l’objectif de stabilité des prix.
Cela dit, la Banque centrale n’a pas manqué de préciser que les incertitudes persistent concernant le contexte économique et monétaire international. Les conditions financières internationales sont en effet marquées par des tensions sur les marchés obligataires et des changes, en liaison avec l’aggravation des déficits publics dans certains pays de la zone euro. «Ces évolutions, combinées à un chômage très élevé et une demande peu dynamique, accroissent les incertitudes entourant la reprise, encore lente et fragile, de l’activité dans les principaux pays partenaires», souligne le gouverneur de Bank Al Maghrib. Ces perspectives incertaines à l’international ne manqueront pas d’avoir un impact sur l’activité domestique, selon l’avis des membres du conseil.