L’industrie automobile franchit un nouveau cap

26 conventions d’investissement ont été conclues avec des équipementiers étrangers. D’un coût de près de 14 milliards de DH, ces investissements devraient générer 11 556 emplois. A travers ces partenariats, le Maroc devrait intégrer le top 7 mondial de l’industrie automobile.

Le Maroc peut se targuer, aujourd’hui plus qu’hier, de sa position de principale plateforme de construction automobile de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Après avoir accueilli des constructeurs de renom, dont Renault, PSA et tout récemment BYD (voir encadré), il veut désormais renforcer ce positionnement avec l’installation prochaine de 26 usines d’équipementiers automobiles. Les conventions relatives à ces projets ont été signées, lundi 11 décembre, devant SM le Roi. D’un coût global de 13,7 milliards de DH, ces plateformes devraient permettre la création de 11 556 emplois à l’horizon 2020. Elles devraient introduire de nouvelles spécialisations au Maroc, dont la production de jantes en aluminium, de tableaux de bord, de pare-chocs, de sièges ou encore de boîtiers électromécaniques.

Les 26 conventions d’investissements ont été signées avec des sous-traitants français, espagnols, italiens, mais aussi japonais, coréens et américains. Dans le détail, six d’entre elles rentrent dans le cadre de la mise en œuvre de l’écosystème Renault qui développe une plateforme mondiale d’approvisionnement depuis le Maroc. D’ailleurs, le constructeur s’y approvisionne actuellement à hauteur d’un milliard d’euros par an, desservant 73 pays, et atteint un taux d’intégration locale de 55% ; cela sachant que la marque au Losange a prévu d’atteindre un taux d’intégration de 65% et 2 milliards d’euros en termes d’approvisionnement en 2020.

En parallèle, 13 autres investissements seront réalisés dans le cadre de l’Ecosystème PSA Peugeot, qui développe déjà un pôle industriel à Kénitra d’une valeur d’investissement estimée à 6 milliards de DH. Pour rappel, ce complexe industriel, qui devrait être opérationnel en 2019, va produire 90 000 automobiles dans une première étape, avec une perspective d’atteindre plus de 200 000 unités produites et 200 000 moteurs par an. Il vise également la création d’environ 3 500 emplois directs et 20000 autres indirects, en plus de 1 500 ingénieurs et techniciens supérieurs suite à la mise en place d’une unité de recherche et de développement.

A cette armada d’investissements, s’ajoutent 5 investissements qui s’inscrivent dans le cadre des activités de l’écosystème «câblage et connectique». Les 2 derniers, eux, se déploieront suivant l’écosystème Valeo.

Pour rappel, ces écosystèmes ont permis la création de plus de 80 597 emplois, soit 90% de l’objectif à l’horizon 2020. Ils ont généré en 2016 un chiffre d’affaires à l’export de 60 milliards de DH, soit une hausse de 50% par rapport à 2014. Actuellement, l’industrie automobile se place en tête des secteurs exportateurs du pays, jouant du coude avec le secteur des phosphates.

Avec l’installation de ces usines, le Maroc n’aura aucun mal à intégrer le top 7 mondial de l’industrie automobile dans les prochaines années, surtout qu’il s’approche de son objectif de disposer d’une capacité de production d’un million d’unités de véhicules au Maroc d’ici 2020. Ce qui devrait permettre de hisser le chiffre d’affaires annuel à 100 milliards de DH, de créer 160000 emplois et de porter le taux d’intégration locale des véhicules sortant du pays à plus de 80%.

Le Maroc franchit une nouvelle étape dans l’industrie automobile en associant le rayonnement du secteur à son engagement en matière de développement durable. En effet, il vient d’accueillir un nouveau constructeur automobile, «BYD Auto Industry», acteur majeur du secteur des énergies renouvelables et de la mobilité électrique. L’objectif est de réaliser un écosystème de transport électrique au Maroc. Ainsi, le partenariat avec ce groupe chinois prévoit à terme l’installation de 4 usines. La première concerne la fabrication de batteries quand la seconde se charge de la production de véhicules de tourisme électriques. La troisième usine est dédiée à la fabrication d’autobus et de camions électriques et la dernière à la production de wagons de trains monorail électrique. L’ensemble de ces projets sera implanté à Tanger, dans la future «Cité Mohammed VI Tanger Tech» portée par le groupe chinois Haite, sur une superficie de 50 hectares, dont 30 ha couverts. Cet écosystème devra générer 2 500 emplois directs. A travers ce partenariat stratégique, le Maroc intègre, pour la première fois en Afrique, la filière du transport électrique, dont la production sera destinée tant à l’export qu’au marché local. Il est à noter que ce groupe chinois, leader mondial du transport électrique, compte 220 000 employés dans le monde, répartis sur plus de 30 sites industriels. BYD réalise un chiffre d’affaires de 17 milliards de dollars et représente 13% des véhicules électriques vendus de par le monde. En outre, il accapare une part de marché de 30% du secteur automobile électrique chinois, qui se positionne en tête de liste dans le monde.