L’indexation n’a pas eu d’impact sur la consommation des produits pétroliers

Les ventes de l’essence ont crû de 3,5% et ceux du gasoil de 10%. Les activités non agricoles se sont redressées au premier et au deuxième trimestres. Le cours du Brent a chuté à  un peu plus de 100 dollars le baril.

Les ventes des produits pétroliers sur la première moitié de l’année ont augmenté de 5,9%, selon les indications du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM). Cette progression recouvre une hausse des ventes de butane de 7,8%, de gasoil de 10%, de JET de 15,3% (signe de reprise du tourisme) et de l’essence super de 3,5%. Les ventes de fioul et de propane, en revanche, ont baissé respectivement de 9% et 2,7%.

Cette évolution de la consommation des carburants semble liée au redressement des activités non agricoles, qui ont crû de 2,1% au premier trimestre et de 3,2% au deuxième, selon l’estimation du Haut commissariat au plan (HCP). L’exception que représente la forte baisse des ventes du fioul est à mettre sur le compte de la décision prise par l’ONEE, principal utilisateur de ce produit, d’en diminuer et même, si possible, d’en supprimer la consommation. Ceci, bien entendu, dans le cadre du contrat programme que l’office a conclu avec l’Etat le 26 mai 2014, et en vertu duquel, entre autres, le fioul perdait la subvention dont il bénéficiait jusque-là.

Fait significatif, l’indexation de certains produits pétroliers décidée en septembre 2013 ne paraît pas avoir eu des conséquences sur la consommation. En effet, les ventes de l’essence qui, traditionnellement, évoluaient faiblement (0,8% en 2012 et 2,8% en 2011) ont tout de même, cette fois, augmenté de 3,5%. Et c’est encore plus vrai pour le gasoil (+10%), alors que depuis la mise en place de l’indexation, les prix des deux produits tendent à se rapprocher (même si l’écart entre eux reste encore conséquent).
C’est que l’indexation n’a pas donné lieu à de fortes augmentations des prix, en raison principalement du recul du cours du pétrole brut sur le marché international. Mardi 2 septembre 2014, en fin de journée, le cours du Brent de la Mer du Nord, livraison en octobre, valait 100,66 dollars le baril, soit son plus bas niveau depuis le 26 juin 2013. Entre le 3 février et le 1er septembre 2014, le cours moyen du Brent est de 102,79 dollars le baril. Les raisons de ce fort repli des cours du pétrole (car cela concerne aussi le WTI, référence américaine du pétrole) sont expliquées, d’une part, par les craintes des investisseurs quant à la demande mondiale dans un contexte d’abondance de l’offre, et, d’autre part, par la forte remontée du dollar face à l’euro.

Cette évolution constitue une bonne opportunité pour faire jouer l’indexation…à la baisse.