L’impression 3D se fait une place au Maroc

Depuis des années, l’industrie marocaine fait appel à la fabrication additive, très souvent sous-traitée en Europe. Même les établissements d’enseignement supérieur s’y mettent.

L’impression 3D serait-elle en train de se banaliser au Maroc ? A voir le prospectus actuellement diffusé par Bestmark, qui propose une machine allemande à 30 000 DH TTC (sur commande), on serait tenté de le croire. L’ouverture, le 21 janvier, du premier Fab Lab (Fabrication Laboratory) au Maroc, à Casablanca, confirme en tout cas une tendance.

Depuis des années déjà, l’industrie marocaine, en premier lieu les secteurs automobile et aéronautique, se fournit auprès de la fabrication additive –parfois sous-traitée en Europe– comme forme de prototypage rapide. «L’impression 3D, même si la technologie évolue, est présente au Maroc depuis des années», confie Younes Gouaiti, directeur commercial et marketing d’EngiMA, société spécialisée dans l’ingénierie automobile et aéronautique et représentant exclusif de la marque américaine d’imprimantes 3D, 3D Systems. «En proposant différentes technologies, pour différents matériaux (métal, résine, etc.), différentes tailles, nous visons autant les industriels que les écoles d’ingénieurs», précise M. Gouaiti. La société a équipé plusieurs établissements d’enseignement supérieur. L’Ecole normale supérieure de l’enseignement technique (ENSET) de Rabat et l’Ecole nationale d’arts et métiers (ENSAM) de Casablanca sont sur la liste. Une poignée d’établissements seront ainsi prochainement équipés. Une dizaine d’autres le sont déjà avec des machines plus ou moins perfectionnées.

Un produit imprimé en 3D pour 10 DH le gramme

Même s’il se développe, le secteur de l’impression 3D reste une affaire de professionnels. «A l’exception des imprimantes de bureau (Cube Pro) qui coûtent environ 50 000 DH, les prix des machines industrielles démarrent à 500 000 DH pour atteindre 5 MDH», explique M. Gouaiti. «En tant que service, l’impression 3D au Maroc est limitée à la technologie la plus basique, celle du dépôt de fil plastique (ABS ou PLA)», poursuit ce dernier. C’est justement dans ce créneau que se positionne 3D-Cat, le premier Fab Lab du Maroc. Installé en plein cœur d’Anfa à Casablanca, la structure s’inspire d’un concept très en vogue aux Etats-Unis et en Europe. Chez 3D-Cat, on peut soit imprimer un modèle pour 10 DH le gramme, acheter une imprimante pour quelques milliers de dirhams et jusqu’à 80 000 DH ou faire le plein de consommables. Le kilo de PLA coûte, par exemple, de 20 dollars à 80 dollars. «Nos services s’adressent en premier lieu aux cabinets d’architecture et bureaux d’études exerçant au Maroc. On compte un peu plus de 2 000 architectes. La deuxième cible est constituée des étudiants de la vingtaine d’écoles d’ingénieurs ainsi que l’Ecole nationale d’architecture. La troisième est la communauté des makers qui ont pour credo le Do It Yourself et les amateurs de nouvelles technologies. Grâce à notre atelier d’initiation de 6h, nous nous adressons finalement à un public très large», explique-t-on chez 3D-Cat.