L’implication du capital privé est requise pour booster la croissance

Après 1,2% en 2016, la croissance devrait s’établir à 4% en 2017 pour retomber à 2,9% en 2018, selon le HCP. Pour sortir de la dépendance de la pluviométrie, une diversification et une augmentation de la compétitivité des activités non agricoles s’imposent.

Toute la problématique de l’économie marocaine semble résumée dans ce constat -qui sonne comme une fatalité- formulée par Ahmed Lahlimi, Haut-commissaire au plan (HCP), lors de sa présentation du Budget économique exploratoire 2018, mercredi 5 juillet à Casablanca : «(…) Le niveau de croissance de l’économie nationale continuerait à rester dépendant de la pluviométrie, tournant autour de 2% en cas de mauvaises années agricoles, et de 4%, dans les cas contraires». Et de fait, le rythme de progression du PIB, depuis environ une dizaine d’années, oscille entre ces deux valeurs, mais si cette tendance devait se maintenir, expliquera M. Lahlimi, c’est en particulier parce que le capital privé, surtout national, tarde à donner le prolongement nécessaire aux énormes investissements dans les infrastructures économiques et sociales et aux réformes de structures mises en place.

Le secteur secondaire «bloqué» à 35% de la valeur ajoutée non agricole

Pour le patron du HCP, en effet, le passage à un palier supérieur de la croissance est sans aucun doute tributaire d’une plus grande diversification et d’une augmentation de la compétitivité des activités non agricoles. Celles-ci sont qualifiées de talon d’Achille de l’économie nationale, notamment la composante «secondaire» dont la part est bloquée à 35% de la valeur ajoutée non agricole. Or, un saut qualitatif de l’économie pourrait-il être envisagé dans un contexte où prédomine le secteur tertiaire, dont les activités sont peu ou pas échangeables, donc échappant à la concurrence, souvent source d’une plus grande compétitivité ?

Pour les pays en transition comme le Maroc, le développement du secteur secondaire, et singulièrement la branche industrie, est vitale pour passer au rang de pays émergent, atténuer la dépendance de la demande intérieure des importations et par là même réduire le déficit extérieur, et, finalement, se donner les marges nécessaires pour combler les déficits sociaux.

En attendant, l’économie évolue suivant la configuration décrite par le Haut-commissaire au plan : après 1,2% en 2016, la croissance en 2017 devrait s’établir à 4% en liaison avec la bonne campagne agricole, pour retomber à 2,9% en 2018 pour cause de rendement agricole prévisible moyen. Les activités non agricoles, elles, accuseraient un léger frémissement à 2,5%, après 2,2% en 2016, contre une moyenne de 4% entre 2008 et 2011.