L’Imanor a adopté 1 220 normes marocaines en 2020

• La collection des normes marocaines à environ 15 600 normes homologuées.
• Le gros du travail de l’institut a concerné la normalisation des équipements de protection avec l’adoption de 6 normes.
• Une centaine d’entreprises est labellisée «Tahceine».

Elles sont au nombre de 1220 . Il s’agit des normes marocaines adoptées en 2020 et portées par l’Imanor (Institut marocain de normalisation). Ce qui porte la collection des normes marocaines à environ 15 600 normes homologuées, largement harmonisées avec les normes internationales et couvrant les différents domaines de l’activité économique. Il faut dire que l’année passée était particulière, crise sanitaire oblige. Du coup, «l’institut a donné la priorité dans ses activités à la normalisation des équipements de protection. Il a aussi mis ces normes à la disposition du public et des entreprises à titre gracieux», explique Abderrahim Taïbi, directeur général de l’Imanor. Ainsi, le volet lié aux équipements de protection contre Covid-19 a vu l’adoption de 6 normes portant sur les masques de protection en tissu non tissé et en tissu réutilisable, les masques chirurgicaux, les visières de protection, les blouses et combinaisons de protection et les kits de prélèvement naso-oro-pharyngé stérile. A côté, il a été procédé à la révision de la norme marocaine relative aux eaux à usage alimentaire qui est d’application obligatoire et ce, afin d’y introduire des dispositions susceptibles de conforter la qualité et la sécurité des eaux à usage alimentaire. La normalisation dans ce domaine a été également renforcée par l’homologation d’une norme marocaine sur les exigences d’un Plan de gestion de la sécurité sanitaire de l’eau (PGSSE). La révision des normes a concerné également les méthodes de mesure de l’aptitude à la fonction des machines à laver le linge, les appareils de cuisson électro-domestiques, les sèche-linge et les lavantes-séchantes. Parallèlement, l’institut a homologué en normes marocaines plusieurs normes donnant des outils confirmés pour la mesure, le calcul et la vérification des économies d’énergie dans les projets, les organismes, les villes et les régions.
Dans le cadre des mesures prises pour limiter l’usage des métaux lourds dans les produits utilisés par le grand public, l’institut a procédé en 2020 à l’homologation d’une norme marocaine portant sur la limitation de la teneur en plomb dans les peintures et vernis, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. En outre, plusieurs normes ont été adoptées concernant les spécifications de l’alcool éthylique neutre d’origine agricole, l’alcool éthylique brut d’origine agricole, et l’alcool éthylique à usage de carburant (Bioéthanol) et à usage pharmaceutique. Cela, en plus d’une norme qui spécifie les matériaux, les méthodes d’essais et les performances des articles de cuisson, et fixe les critères de vérification de leur aptitude au contact des denrées alimentaires, afin de prévenir tout impact ou risque de toxicité des aliments qui y sont préparés. A cela s’ajoutent d’autres normes portant sur des manuels et les cahiers scolaires, les cartables scolaires et les moquettes. Enfin, une norme marocaine a été élaborée sur les spécifications de l’eau de rose, en se basant sur les résultats de l’étude de caractérisation de cette eau, réalisée dans le cadre d’un projet de promotion de l’économie et de développement local.
La majorité des normes adoptées par l’institut restent d’application volontaire. Celles qui sont d’application obligatoire sont exigées avant même la mise sur le marché des produits couverts par ces normes. Elles sont au nombre de 400 environ, couvrant pratiquement tous les produits à risque. «Conformément aux dispositions légales en vigueur, les normes sont obligatoires dans les marchés passés par l’Etat, les collectivités locales, les établissements et entreprises publics et les entreprises délégataires d’un service public. Toutefois, les normes peuvent être rendues d’applic

RÉPARTITION DES NORMES HOMOLOGUÉES PAR SECTEUR À FIN
RÉPARTITION DES NORMES HOMOLOGUÉES PAR SECTEUR À FIN

ation obligatoire pour l’accès au marché chaque fois que les autorités compétentes jugent une telle mesure nécessaire. C’est le cas par exemple des normes couvrant des produits pouvant présenter un risque sur la santé et la sécurité des utilisateurs», précise M.Taïbi.
En plus de la publication et l’adoption de normes, l’Imanor s’est mobilisé pour accompagner les entreprises à reprendre leurs activités et assurer leur continuité dans des conditions sanitaires maîtrisées, à travers le développement d’un label «Tahceine», dédié à la maîtrise des risques sanitaires en faveur des opérateurs économiques industriels et de services. «Ce label est largement demandé par les entreprises industrielles et de services de différentes catégories. Actuellement, une centaine d’unités est déjà labellisée et plusieurs autres sont en cours de labellisation», ajoute M.Taibi. Rappelons que l’Imanor a signé une convention avec la CGEM pour la promotion du label auprès des entreprises marocaines. Ce dernier est adossé à un référentiel qui propose une batterie de mesures préventives et de dispositions organisationnelles permettant de limiter les risques de contamination, dont notamment la sensibilisation et la communication en interne et avec les clients, des protocoles de désinfection, l’organisation des espaces de travail, l’aménagement des horaires de travail, les règles d’accès au site. L’accès au label est conditionné par le passage réussi d’un audit initial, suivi d’un audit de confirmation un mois plus tard. Sa reconduction se fait sur une base semestrielle.


Processus d’homologation d’une norme marocaine

Les normes sont élaborées dans le cadre de commissions techniques regroupant l’ensemble des parties prenantes concernées selon une démarche visant à assurer l’équilibre d’intérêts et faisant appel au consensus. Les normes adoptées par la commission technique font ensuite l’objet d’une large consultation nationale afin de recueillir plus d’observations et de suggestions susceptibles d’enrichir la norme et de s’assurer qu’elle correspond à l’intérêt général. Les normes sont enfin officiellement homologuées et les décisions d’homologation sont publiées au Bulletin Officiel. Les normes marocaines homologuées doivent être révisées à des intervalles ne dépassant pas cinq ans afin de les tenir à jour par rapport au développement technologique et de s’assurer de leur pertinence pour le marché.