Libre-échange : le pari d’une économie marocaine ouverte au monde

En 2013, environ 30% des échanges extérieurs du pays se font dans le cadre de ces accords. Leur impact sur la dynamisation des flux de part et d’autre est
très remarquable.

ès son intronisation, le Souverain a fait de l’ouverture de l’économie du Maroc à l’international une priorité. Preuve en est, en dehors de l’accord d’association avec l’Union européenne signé le 26 février 1995, l’ensemble des accords de libre-échange ont été conclus, et sont entrés en vigueur quelques années après son accession au Trône. En fin connaisseur des forces et faiblesses de l’économie du Royaume, le Souverain a été l’instigateur d’une dynamique d’ouverture économique équilibrée dont l’objectif est de faciliter le commerce transfrontalier des biens et services et accroître l’attractivité du pays aux investissements étrangers sans pour autant le faire au détriment de ses intérêts.

Ainsi, l’accord avec l’Union européenne, entré en vigueur le 1er mars 2000, a établi progressivement le libre-échange des produits industriels marocains,  tandis que le Maroc s’est engagé a opérer un démantèlement tarifaire sur une période de  10 ans à compter de mars 2003. Aujourd’hui,  grâce à cet accord, les transactions avec le Vieux continent qui constituent environ 60% des échanges du Maroc avec l »étranger, ont crû de 170%,  passant de 49 milliards de DH en 2006 à 103 milliards en 2011 puis à 133 milliards de DH à fin 2013, selon un rapport de l’Office des changes.

Deuxième en termes de l’importance des échanges, l’accord avec les États-Unis a permis aux flux de part et d’autre de progresser de 265%, passant de 3,8 milliards de DH en 2006 à 13,9 milliards à fin 2013. Cet accord porte sur l’accès immédiat en franchise de droits de douane pour 95% des biens industriels et de consommation du Maroc. A vocation commerciale, l’accord englobe le commerce des produits agricoles et de la pêche, les produits industriels dont le textile ainsi que les services financiers et de télécommunication et les marchés publics. Il porte également sur des aspects liés à la protection de la propriété intellectuelle, à l’environnement et au travail.

Signé en 2004 et entré en vigueur en 2006, l’accord avec la Turquie, troisième en termes de volume des échanges, a lui aussi permis de doper significativement les échanges avec Ankara. Depuis 2009, ces derniers se sont améliorés de façon remarquable pour atteindre 10,8 milliards de DH en l’espace de cinq ans, étant donné que les deux premières années de l’accord n’ont pas enregistré de flux significatifs.  Initié par la volonté du Souverain, l’accord prévoit la libéralisation progressive des échanges agricoles. Tandis qu’il prévoit l’accès libre pour les produits industriels marocains et la suppression par le Maroc de tous les droits de douane et taxes d’effet équivalent. Pour leur part, les échanges avec les pays arabes réalisés dans le cadre de l’accord d’Agadir (Egypte, Tunisie et Jordanie) se sont inscrits sur une courbe ascendante depuis 2007, année de son entrée en vigueur effective. Bien qu’ils restent modestes, les flux de biens et de services de part et d’autre sont passés de 3 milliards de DH en 2009 à 4,4 milliards en 2013, soit 46% de plus en l’espace de quatre ans. Cet accord s’applique aux produits industriels, agricoles et agro-industriels, à l’exception de certains produits agricoles listés. Il vise à contribuer aux objectifs du processus de Barcelone pour l’établissement de la zone euro méditerranéenne de libre-échange.

Dans le même registre, l’accord de libre-échange conclu avec les pays de l’AELE (association européenne de libre-échange) a également réussi tant bien que mal à  dynamiser  les échanges du  Royaume avec ces pays. A fin 2013, sur un total de 5,6 milliards de DH de transactions essentiellement avec la Suisse, la Norvège et l’Islande, 3,9 milliards se font dans le cadre de l’AELE, soit environ 70%.