L’huile d’argane Amigha et l’huile d’olive de Tyout obtiennent leur «appellation d’origine protégée»

Les certificats ont été délivrés lundi 27 avril par le ministère de l’agriculture.
Les producteurs pourront utiliser ces labels à  condition de se conformer à  un cahier des charges.

Lundi 27 avril, les deux premiers produits de terroir ont reçu leur certificat d’appellation d’origine protégée. Il s’agit de l’huile d’Argane Amigha et de l’huile d’olive de Tyout à Chiadma.
Pour la première, il s’agit de la reconnaissance de l’indication géographique tandis que pour la seconde c’est un label d’appellation d’origine protégée. Tous deux sont des labels introduits par la loi 25-06, promulguée en mai 2008, relative aux signes distinctifs d’origine et de qualité des produits agricoles et halieutiques. La loi a pour objectif, en fait, de reconnaître et surtout de protéger les produits de terroirs marocains dont la liste est longue : argane, huile d’olive, miel…
Pour l’huile d’argane, le certificat est en fait délivré à un groupement de coopératives féminines qui se sont unies pour former l’Association marocaine de l’indication géographique de l’huile d’argan, d’où l’appellation Amigha. C’est cette association qui a déposé auprès du ministère de l’agriculture la demande pour bénéficier de l’indication d’origine (IG) accompagnée d’un cahier des charges confectionné avec l’aide d’experts français. La démarche pour l’huile d’olive de Tyout (région d’Essaouira) a été analogue pour obtenir le certificat d’appellation d’origine (AO).
Qu’est-ce que cela va changer ? En fait, ces deux produits seront désormais protégés dans le sens où, par la suite, aucun producteur d’huile d’olive ou d’argane ne pourra utiliser pour son produit des appellations indiquant ces deux origines géographiques sans en avoir un certificat dûment délivré par un organisme et approuvé par le ministère de l’agriculture. Pour obtenir ce certificat, le producteur intéressé devra répondre au cahier des charges qui précise un certain nombre de conditions en termes d’emplacement géographique des plantations origine des fruits, de process de récolte, de conditionnement ainsi que les caractéristiques du produit final (acidité, saveur, couleur, texture…).
Bien entendu, comme pour tout label, le producteur qui utilise légalement un label du type appellation d’origine ou indication géographique devra se plier à un contrôle annuel au terme duquel la commission nationale décidera si oui ou non elle continuera d’accorder le label.
Pour mener ces contrôles, il existe aujourd’hui 4 organismes certificateurs privés dont 1 marocain et 3 étrangers. Selon la direction de la qualité du ministère de l’agriculture, une procédure est en cours pour donner à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) le statut d’organisme certificateur. Enfin, pour encourager la démarche, le ministère a décidé de prendre entièrement en charge les frais d’enregistrement de toutes les appellations d’origines et indications géographiques auprès de l’OMPIC.